Nicolas, bottier, vous raconte les coulisses du monde du spectacle !

Responsable de la Maison Clairvoy, Nicolas Maistriaux fournit des cabarets prestigieux comme le Moulin Rouge, des cirques, des théâtres mais aussi le monde du cinéma depuis près de vingt-deux ans.

Nicolas Maistriaux
photo : Sandie Bertrand, Moulin Rouge

En quoi consiste exactement votre métier ?

« Je confectionne sur mesure et à la main, de A à Z, différents modèles de chaussures qui vont être portées par des professionnels du spectacle. »

Et cela va de l’achat des matières premières à la réalisation finale.

 

Quelles sont les compétences humaines et techniques requises pour l’exercer ?

Humainement, il est important de savoir travailler en équipe.

« C’est un métier créatif où il est essentiel de ne pas rester sur ses acquis. »

Il faut savoir se remettre en question et de continuer à s’informer pour être au plus près des demandes de nos clients.

Cela implique aussi une certaine ouverture d’esprit, une forme de curiosité, un sens des contacts et une forte implication pour répondre au mieux à leurs souhaits. Techniquement, je dirais qu’il faut être précis, minutieux, concentré et habile de ses mains, voire parfois persévérant quand on butte sur un projet.

 

Je travaille beaucoup le cuir mais également des tissus et autres matières comme la dentelle et la résille. Et dans ce type de réalisations, il y a toujours une forme d’inquiétude. Car on ne peut pas se permettre de gâcher la matière première. Le stress est donc souvent au rendez-vous, ce qui exige d’être fort mentalement.

 

 

Echange en ligne avec des professionnels du cuir

Comment êtes-vous arrivé dans ce domaine ? Et quelle formation avez-vous suivi ?

Les chaussures sont ma passion depuis tout petit. A l’âge de mes premières baskets, je les cirais, les apportais chez le cordonnier pour les faire réparer. C’était une époque on l’on en prenait soin et où elles duraient.

J’ai donc naturellement, après un bac économique, cherché une formation liée à leur fabrication. Pendant trois ans, au sein des Compagnons du Devoir j’ai passé trois CAP : cordonnier-réparateur, bottier et podo-orthésiste.  Et de fil en aiguille, au gré de mes différents stages en entreprises, et de mes premiers postes d’employé j’ai découvert le monde du spectacle.

Pourtant, au départ, je n’étais pas vraiment manuel. Mais tout s’apprend.

« C’est une question de passion et d’implication. »

 

Pourquoi avoir choisi ce secteur dans l’artisanat du luxe?

C’est un univers de strass et de paillettes où l’on exerce pour des professionnels. Les chaussures sont vraiment leur outil de travail.

chaussures clairvoy

 

C’est un monde merveilleux qui permet des rencontres incroyables.

« Artistes, clowns, danseuses, comédiens, stylistes et costumiers  font partie de notre quotidien. »

 

 

Et comme je le disais précédemment, manipuler des matières comme le cuir, la dentelle, le tissu, la résille, les marier entre elles pour s’adapter à chacun et à un costume en particulier est chaque jour un nouveau défi.

 

Pourquoi aimez-vous ce métier ?

Pour moi c’est avant tout une passion et pas un job. Et je n’ai pas l’impression d’aller au travail tous les jours.

 

Dans cet univers quels sont, selon vous, les nouveaux postes de demain prometteurs qui vont permettre d’évoluer dans sa carrière ?

C’est un secteur où il est difficile aujourd’hui de recruter des personnes expertes pour développer son entreprise car ce sont des fonctions encore peu valorisées ou mal connues du grand public.

« Les opportunités de carrières existent. »

Car le métier de bottier revêt plusieurs facettes. De formier à patronnier, en passant par piqueur-coupeur, monteur-finisseur, il est possible d’avancer et d’évoluer dans la botterie de luxe dédiée aux particuliers ou aux artistes.

On peut aussi choisir de se diriger vers la fabrication industrielle mécanisée pour une grande enseigne ou opter pour la podo-orthésie qui va permettre à des personnes handicapées de marcher comme tout un chacun avec des chaussures podo-orthopédiques.

maison clairvoy

Est-ce une fonction qui vous amène à vous déplacer en France ou à l’étranger ?

Il m’arrive de partir à l’étranger ou de sillonner la France pour de grosses commandes, mais la plupart de mes clients viennent à Paris dans mon atelier. Il est en effet plus facile de travailler avec les matériaux et les machines qui sont sur place.

Ceux qui voyagent beaucoup sont les bottiers de luxe des enseignes prestigieuses qui fournissent surtout les particuliers.

 

En début de carrière combien gagne-t-on en moyenne? Et le salaire est-il exponentiel ?

Quand on commence, le salaire de base mensuel c’est le SMIC, soit 1 498 euros.

« Selon son évolution, ses formations et ses compétences espérer environ 3000 à 3500 euros nets en fin de carrière. »

Mais dans l’artisanat en général, quand on est indépendant, on ne compte pas ses heures.

 

Comment concilier au mieux vie professionnelle et vie privée?

Trouver avant tout un ou une partenaire qui comprend que c’est votre passion qui vous fait vivre. Et avec les enfants se dire qu’importe la quantité, pourvu que la qualité soit là.

Mes deux fils de sept et neuf ans, avec lesquels je suis très fusionnel, ont déjà vu pas mal de spectacles, viennent souvent à l’atelier et grandissent dans une grande ouverture d’esprit lié au monde créatif.

 

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