Lou est styliste, modéliste, designer textile et chef d’entreprise : « Le monde de la mode est un secteur d’avenir »

11/06/2018 5 minutesPartager sur

A 29 ans, Lou Ripoll, créatrice de Bleu tango, a plus d’une corde à son arc. Cette artiste dans l’âme a toujours su qu’elle travaillerait les tissus, les couleurs, les motifs et les patrons. Une passion née dès sa plus tendre enfance.

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En quoi consiste exactement votre métier de styliste ?

La styliste dessine la coupe et la forme des vêtements. A la tête de mon entreprise depuis bientôt cinq ans, j’assure aussi la fonction de modéliste et de designer textile.

Je crée donc les patrons d’après mes dessins, je conçois tous les motifs et choisis les gammes de couleurs et de matières pour les deux collections annuelles de ma marque féminine de prêt à porter.

 

Quelles sont les compétences humaines et techniques requises pour l’exercer ?

« Avant toute chose, je dirai qu’il faut être créative, imaginative quand on est designer et styliste ; rigoureuse, minutieuse voire perfectionniste pour tout ce qui concerne les tâches de modéliste. »

Le sens de l’autonomie et la confiance en soi est également indispensable pour travailler seule surtout quand on a créé sa propre boîte. Sans compter un sens certain du commercial et de la relation à l’autre pour faire marcher l’entreprise.

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Comment êtes-vous arrivée dans ce domaine de la mode ? Et quelle formation avez-vous suivi ?

J’ai grandi dans un climat artistique. Avec une maman artiste peintre, toute petite déjà je dessinais beaucoup. Avec ma grand-mère couturière, j’ai appris à coudre dès l’âge de six ans. Passionnée par la mode et les costumes, je savais que c’était ce que je voulais faire.

« J’ai donc écumé les journées portes ouvertes des écoles d’arts appliqués, mais faute d’une bonne orientation, les conseillers pédagogiques n’étant pas vraiment au fait à ce moment-là, j’ai passé un bac littéraire. »

Puis poussée par ma passion et sur les conseils avisés d’une styliste amie de mes parents, j’ai trouvé l’école Duperré, celle qu’il me fallait. Leur cursus est public, donc gratuit mais la sélection se fait sur concours.

Après quatre années de formation en design textile, où l’on apprend surtout le côté créatif du métier, j’ai souhaité me perfectionner comme modéliste pour acquérir toutes les techniques de coupe et de patronage.

Pendant deux ans j’ai donc poursuivi, en alternance, à l’école de la chambre syndicale, sur un rythme de deux jours de cours et deux jours en entreprise chez Antik Batik et La Prestic Ouiston. Puis en 2013, j’ai décidé de lancer ma propre marque.

 

Dans cet univers quels sont, selon vous, les nouveaux postes de demain prometteurs qui vont permettre d’évoluer dans sa carrière ?

Le monde de la mode est un secteur d’avenir, que ce soit dans le stylisme, le modélisme, le design textile ou le commercial.

« Les offres d’emplois sont donc nombreuses. Toutefois, les postes de demain vont, à mon avis, se développer autour de la communication, comme community manager sur les réseaux sociaux, pour gérer l’image des marques. »

La nouvelle génération a grandi avec internet et maîtrise tous ses outils de main de maître.

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Est-ce que styliste modéliste est une fonction qui vous amène à vous déplacer en France ou à l’étranger ?

Moi qui ne fais qu’un seul salon par saison, à Paris, je voyage peu. Et pour la recherche des matières, ce que dans notre jargon nous appelons le sourcing, inutile de se déplacer, tout le monde vient dans la capitale française.

 

En début de carrière combien gagne-t-on en moyenne ? Et le salaire est-il exponentiel ?

Un styliste ou un designer textile junior gagne environ 1500 € net par mois ; au bout de cinq ans d’expérience il peut prétendre entre 2000 et 3000 €. Mais il n’y a pas de limites.

Un senior directeur de studio, avec dix à quinze ans de métier, peut aller de 5000 à 8000 €. C’est un monde où, en tant que free-lance, on peut ramer toute sa vie ou décoller et vivre très confortablement. Comme n’importe quelle personne à son compte qui travaille comme artisan.

 

Comment concilier au mieux vie professionnelle et vie privée ?

A la tête d’une entreprise, on n’a ni congés, ni congés maternité, ni chômage et des horaires chargés. En revanche on est très libre dans la gestion de son emploi du temps.

Fonder une famille dépend de tout un chacun, en fonction de ses priorités personnelles et de ses projets de carrière. Mais on peut tout à fait choisir d’être salariée dans un premier temps, d’avoir des enfants, avant de voler ou pas de ses propres ailes.

 

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