Travailler sur la Coupe du Monde de Football en Russie : une des dernières missions de Charlotte, coordinatrice en logistique

16/07/2018 5 minutes

A 29 ans, Charlotte travaille pour une entreprise audiovisuelle spécialisée dans les événements sportifs.  Elle est coordinatrice logistique et RH des équipes techniques du département ingénierie. Sa dernière mission : la coupe du monde de football en Russie, où elle vient de passer près de deux mois.

 

En quoi consiste exactement votre métier sur un événement tel que la Coupe du Monde de Football ?

C’est un rendez-vous sportif qui se prépare quatre ans avant le jour J. En poste depuis janvier 2017 seulement, je suis arrivée sur ce projet un an et demi avant le coup d’envoi.

« En amont, j’ai coordonné tous les besoins logistiques des différents prestataires techniques et de leurs employés, soit environ 1200 personnes. »

Cela va, entre autres, des cameraman qui filment, à ceux qui montent les images ou encore aux différents techniciens chargés du montage et du démontage de tout le câblage dans les différents stades où vont se jouer les matchs.

Réserver les vols, les hébergements, demander les visas et les accréditations, voire pour certains les assurances : autant de tâches que j’ai dû mener à bien afin que chacun puisse faire son travail dans les meilleures conditions.

Sur place, ensuite, mon rôle a consisté à checker les arrivées des équipes techniques et à gérer les imprévus de dernières minutes ayant un impact sur les besoins logistiques des équipes. Puis, quand les matchs ont débuté, rester en veille pour m’assurer que tout se déroule comme prévu pendant toute la durée des rencontres. Tant sur le plan humain et logistique.

 

Quelles sont les compétences humaines et techniques requises pour exercer le métier de coordinatrice logistique ?

Je pense qu’il faut avant tout savoir communiquer avec son équipe, ne pas hésiter à aller à la rencontre des autres départements afin de connaître leur façon de fonctionner, toujours avec le sourire car cela passe mieux. Etre organisée, précise et minutieuse jusqu’aux moindres détails, motivée, réactive et disponible sont également des qualités qui servent.

« Et comme dans ce genre de manifestation, malgré toutes les précautions, les imprévus sont inévitables, il est donc indispensable de ne pas céder au stress et de garder son sang-froid afin de trouver une solution. Important aussi, maîtriser l’anglais pour pouvoir travailler dans ce milieu très international. »

 

Comment êtes-vous arrivé dans ce domaine de la logistique ? Et quelle formation avez-vous suivi ?

Mon parcours est plutôt éclectique. Après une licence en histoire de l’art, option archéologie, rythmée par des stages de fouilles, j’ai poursuivi sur un master en médiation culturelle dans une école privée et un Erasmus en muséologie à Amsterdam, pour me diriger sur l’organisation de festivals, la régie et la gestion des équipes artistiques.

« J’ai ensuite voyagé, tout en travaillant sur des événements sportifs et culturels, en Nouvelle-Zélande et en Australie. Et, de retour en France, j’ai eu l’opportunité de participer, comme assistante logistique sur site, à l’Euro 2016. »

 

Quels sont, selon vous, les nouveaux postes de demain prometteurs qui vont permettre d’évoluer dans sa carrière ?

« On aura toujours besoin de coordinateurs en logistique. La création de nouveaux événements culturels et sportifs, la perspective des J.O. en France, vont créer des postes. »

Mais c’est avec de l’expérience sur le terrain, via des stages et parfois du bénévolat, de la ténacité et un réseau professionnel développé que l’on avance et évolue.

 

Est-ce une fonction qui vous amène souvent à vous déplacer en France ou à l’étranger comme pour la Coupe du Monde de Football ?

C’est un métier où il faut être mobile. Les postes suivent en effet les événements dans ou en dehors de nos frontières. Là, je viens de passer près de deux mois en Russie. Mais comme c’est un contrat temporaire, je ne sais pas où je serai demain.

 

Pourquoi aimez-vous ce métier de coordinatrice logistique ?

J’apprécie l’inconnu, j’apprends et je me forme tous les jours, m’adapter à de nouveaux horizons et de nouvelles personnes ne me fait pas peur, aucun projet ne ressemble à un autre… Voilà pourquoi j’aime ce métier.

 

En début de carrière combien gagne-t-on en moyenne ? Et le salaire est-il exponentiel ?

Le salaire d’un débutant est d’environ 2000€ brut. Il est bien sûr exponentiel en fonction de son expérience et de ses opportunités. A un certain niveau de carrière, quand on est installé dans ce milieu, on peut très bien gagner sa vie. Mais ce n’est pas ma motivation première.

 

Comment concilier au mieux vie professionnelle et vie privée ?

Il est important bien sûr que la personne qui partage votre vie comprenne que vous voyagiez. Et cela dépend de tout un chacun pour apprendre à gérer la relation à distance. C’est une question de choix et on est tous conscients de la problématique.

 

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