Interview psychologue clinicien : Françoise vous parle de son métier !

27/04/2016

Françoise, psychologue clinicienne, a répondu à nos questions sur le quotidien de son métier et son parcours. Découvrez ci-dessous notre interview sur le métier de psychologue clinicien :

interview psychologue clinicien

  • Pouvez-vous expliquer aux jeunes en quoi consiste le métier de psychologue clinicien ? 

Le métier de psychologue englobe d’un point de vue générique de nombreuses branches qui ont pour vocation de questionner l’homme dans ses rapports avec autrui et avec lui-même. Pour ma part, en tant que psychologue clinicienne, j’interviens dans le champ médico-social associé à une activité en pratique privée.

  •  Et concrètement, si vous deviez décrire les principales tâches que vous effectuez au cours d’une semaine type ?

L’accompagnement et le suivi de patients liés à des réunions d’équipes, pluridisciplinaires, des actions de supervision, de formations que je dispense dans diverses institutions et aussi une inscription dans divers groupes de recherches et de contrôle de ma pratique professionnelle par des pairs, c’est-à-dire par des praticiens plus expérimentés.

  • Quel a été votre parcours pour arriver à ce métier ?

Ma boussole a été une interrogation sur le fonctionnement du langage et de ses effets sur le sujet humain. Je suis titulaire d’une licence et d’un master en psychologie, spécialité psychologie clinique et pathologie. Comme je suis orientée par la psychanalyse, c’est-à-dire par l’enseignement de Freud et de Lacan, je suis titulaire d’un doctorat en psychanalyse et également d’un doctorat en sciences du langage.

  •  Faut-il une qualité ou un talent particulier pour exercer le métier de psychologue clinicien ?

La patience et la détermination.

  •  Qu’est-ce qui fait que vous aimez votre métier ?

Permettre à la souffrance profonde d’un patient d’avoir un lieu d’adresse

  •  Si vous aviez une chose à changer ?

Avoir plus de temps dédié à la réflexion, à la formation dite continue.

  •  Une anecdote à nous raconter ?

Récemment lors d’un entretien, un jeune déclarait avoir besoin d’un soutien verbal. Ce sujet pointait que pour lui – au-delà de la satisfaction des besoins – et bien, il se saisissait au cours de son suivi d’une autre dimension, celle de son être.

  •  Un conseil que vous aimeriez donner à un jeune qui veut faire ce métier ?

Avoir un désir décidé.

  • Suite aux attentats de novembre 2015, quels mots utiliser avec nos proches qui ont vécu les attentats ? et ceux qui ont perdu un ami, un collègue ?

Il y aurait-il des mots pour qualifier l’impensable ? Passé le moment de stupéfaction, nous sommes démunis. Se risquer à une prise de paroles devant la souffrance, c’est poser et peser les mots avec tact, en fonction de chacun.

 

  • Les jeunes peuvent être perdus dans ce flot d’informations entre les médias et surtout sur ce qui s’échange sur les réseaux sociaux, notamment des infos très anxiogènes, que faire ?

Faire le pari de la conversation, c’est-à-dire consentir à parler la langue de l’autre afin que chaque adolescent puisse se mettre à parler en se sentant en confiance et reconnu là où il est porteur d’une différence.

  • Quels messages à faire passer aux jeunes pour les rassurer et les aider à vivre avec ça ?

Depuis Freud, nous savons que le malaise dans la civilisation se fonde sur la découverte essentielle de cette part silencieuse de l’être qui échappe à toute maîtrise qu’il avait nommée « pulsion de mort ». Il en avait déduit et ce que la psychanalyse nous enseigne aujourd’hui c’est que notre mode de présence au monde s’invente, se crée par le maintien de la bonne distance entre la vie désirante et la langue qui l’humanise.

Je suis professionnel.le
Et si vous accompagniez des jeunes en manque de réseau ?

Qui mieux que vous peut parler de votre métier ?
En quelques heures par an, éclairez des jeunes dans leur parcours en échangeant avec eux !

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