Un développeur web reconverti, au parcours très inhabituel !

François est devenu développeur web après avoir traversé plusieurs étapes de reconversion. Plombier chauffagiste, ingénieur puis cow-boy en Australie, il est devenu développeur web en tant qu’autoentrepreneur et nous raconte son parcours.

françois, développeur webEn quoi consiste votre métier de développeur web ?

Je suis développeur web, c’est-à-dire que je code avec différents langages (JavaScript, HTML, CSS…) pour faire des interfaces web. Ces interfaces web peuvent être des sites internet, des applications mobiles, des applications métier (par exemple une interface pour gérer ses clients, ses patients…). Une fois le code défini pour créer telle ou telle interface, je la mets en ligne. Le but est aussi de faire en sorte que le site soit bien référencé sur Google et qu’il soit ergonomique.

En parallèle de cette activité, je suis responsable de deux entités :

  • Forkube : une association qui se veut de changer le monde au niveau politique. Son but est de modifier la politique actuelle pour la rendre plus démocratique en faisant en sorte que tous les citoyens deviennent des décideurs.
  • BuildEat (version en pré-developpement): l’intérêt de cette structure est de faciliter la création de sites internet pour les restaurateurs. L’objectif est de créer une interface en ligne accessible pour que les restaurateurs puissent eux-mêmes créer facilement leur site web. Ainsi plusieurs fonctionnalités leur sont proposées pour qu’ils puissent faire de la vente à emporter, gérer les commandes…

Et concrètement si vous deviez décrire les principales tâches que vous effectuez au cours d’une semaine type ? 

En tant que développeur web, je code tous les jours. La plupart des autoentrepreneurs passe une majeure partie de leur temps à chercher des clients mais étant donné que je travaille à la Cantine, tous les clients sont à ma portée ! Ils disent souvent que la recherche de clients représente 40% de leur temps et 10% est consacré au travail en lui-même. De mon côté, je consacre mon temps à réaliser des projets et répondre aux attentes de mes clients plutôt que de les chercher. La prospection se fait lorsque j’ai le temps, mais c’est mon lieu de travail qui l’explique.

Au jour le jour, je fais un peu ce qui me plaît. Il m’arrive de me lever tôt, d’aller me balader pour m’aérer, de faire de la musique, puis d’aller travailler. Par contre une fois lancé, je reste très concentré et j’enchaîne les heures de travail. Je passe parfois des soirées entières à coder. Je n’ai pas vraiment de journée type, cela dépend vraiment des journées et de mon humeur ! Je suis mon propre patron donc je m’organise comme je le souhaite.

Quel a été votre parcours scolaire pour devenir développeur web ?

Au lycée, j’avais beaucoup de difficultés, je ne savais pas ce que j’allais faire de mon avenir et ma mère était très inquiète à ce sujet. Je me suis donc lancé dans un CAP pour devenir plombier chauffagiste. J’ai poursuivi mes études par un BTS Fluides Energies et Environnement. Puis j’ai eu envie d’obtenir un autre diplôme, je me suis donc inscrit dans une école d’ingénieurs.

A la suite de ces années d’étude, j’ai travaillé dans une entreprise à Paris dans le domaine de l’énergie renouvelable. Après une année, mon responsable m’a proposé une promotion. J’ai beaucoup réfléchi et j’ai directement signé ma démission ! J’ai eu une envie soudaine de partir à l’étranger. Trois mois après j’étais en Australie où je suis devenu cow-boy à moto dans le désert ! Une expérience inoubliable et complètement folle ! J’ai eu l’occasion de rencontrer une personne qui m’a demandé quelles étaient les raisons pour lesquelles les backpackers, c’est-à-dire les globe-trotteurs, partaient et fuyaient leur pays. Je lui ai alors expliqué que j’avais besoin de prendre l’air, de m’éloigner du système dans lequel je vivais et que je ne me sentais pas bien dans ma société. Mon ami m’a alors dit « si tu n’aimes pas le monde dans lequel tu vis, pourquoi tu ne le changes pas ? ». Cette phrase était tellement évidente et a raisonné en moi ! J’ai commencé à réfléchir à un projet, d’où la naissance de Forkube. A mon retour en France, je me suis lancé dans ce projet pour le développer. Je n’avais aucune compétence en développement web. C’est alors que j’ai commencé ma phase d’autoformation.

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Quelles sont pour vous les qualités requises pour exercer votre métier ?

Je pense être un peu différent des autres développeurs web. Généralement, les développeurs ne sont pas des experts concernant l’interface visuelle. L’apparence du produit compte énormément pour moi. Cela fait un peu plus d’un an que je code et des collègues développeurs me complimentent parfois sur certains projets par rapport à l’interface visuelle. Cela s’explique par le fait que je n’ai pas été contraint par une formation conventionnelle avec un programme de quelques heures par jour basé sur les fonctionnalités. Personnellement, j’ai passé un an à m’autoformer en passant 20 heures par jour à coder. J’ai donc progressé beaucoup plus rapidement que si j’avais suivi une formation car je me suis imposé un rythme de travail plus intense. L’une des qualités à avoir est donc la persévérance, il faut vouloir devenir développeur web et ne pas hésiter à être autodidacte.

Il faut aussi de l’imagination et beaucoup de logique (si j’ai codé cette partie de cette manière, j’obtiens tel résultat…). Être indépendant a beaucoup davantage mais il faut savoir ne pas s’enfermer de son côté. Il est important de rester ouvert aux projets qui ne sont pas les siens.

Qu’est-ce qui fait que vous aimez votre métier de développeur ?

Le fait d’être libre tant au niveau du choix de mes projets que de mon rythme de travail quotidien. Je choisis de travailler quand je le souhaite.

Si vous aviez quelque chose à changer dans votre métier, ce serait quoi ?

Si je pouvais coder sans ordinateur et juste par la pensée, mon travail serait simplifié ! Le fait de rester les yeux rivés sur son écran fatigue et empêche parfois de dormir. C’est un aspect de mon travail que j’aimerais changer. Si je pouvais coder par la pensée ce serait parfait.

Avez-vous une anecdote à raconter aux jeunes ?

Quand j’étais en école d’ingénieurs, les intervenants de l’année nous ont annoncé : « Vous êtes l’avenir de la France, vous êtes là pour innover, pour être les ingénieurs de demain… ». A l’issue de mes années d’étude, lorsque j’ai passé mon diplôme d’ingénieur, je devais présenter le projet que j’avais mené auprès d’un jury. Je l’ai présenté de façon très narrative et non avec un support conventionnel tel que le powerpoint. J’ai préféré le présenter de la façon dont je l’avais vécu en précisant comment j’étais intervenu en fonction des différentes difficultés rencontrées. Or, cet oral atypique n’a pas du tout convaincu le jury qui m’a fait savoir que je n’avais pas respecté les consignes, que cela ne correspondait pas à ses attentes. A l’origine, nos professeurs nous demandaient d’innover, mais arrivé au terme de mon parcours, je me suis rendu compte qu’ils n’acceptaient que ce qu’ils voulaient voir et qu’aucune méthode d’apprentissage différente et novatrice n’avait été utilisée. J’étais pourtant très bien placé dans ma promotion mais cela n’a pas suffi à obtenir mon diplôme d’ingénieur !

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui veut faire votre métier ?

Selon moi, il faut donc savoir apprendre les choses par soi-même et non pas se plier aux règles imposées durant ses études. Mon parcours atypique en est la preuve ! J’ai suivi mon instinct et j’ai préféré faire ce qu’il me plaisait, quitte à ne pas respecter les normes. Être autodidacte et passionné sont les clés de la réussite de ses projets professionnels.

 

Si vous avez d’autres questions n’hésitez pas à contacter François ou d’autres pros du secteur Informatique, Digital, Télécom en vous inscrivant sur JobIRL :inscription

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