Chargé.e de diffusion pour les Ballets Contemporains de Saint-Etienne, Roxane vous fait découvrir ce métier

chargée de diffusion

JobIRL continue d’aller à la rencontre de professionnels qui vous parlent de leur métier-passion. Cette semaine, découvrez l’interview de Roxane, qui a eu différentes expériences dans le milieu artistique, notamment en tant que chargée de diffusion pour un centre de création chorégraphique prestigieux : Les Ballets Contemporains de Saint-Etienne. 

Parle-nous de ton parcours …

J’ai commencé par des études artistiques, j’ai fait les Beaux-Arts après le bac, puis je me suis dirigée vers une Licence et un Master en histoire de l’art pour me doter d’une solide culture générale, indispensable pour travailler dans le secteur artistique. Ensuite, j’ai choisi de m’orienter vers le spectacle vivant qui m’a toujours attirée. J’ai passé un Master 2 en gestion de projets culturels qui m’a permis de me professionnaliser et d’être polyvalente, c’est vraiment ce qu’il faut pour exercer le métier de chargée de diffusion et de production. J’ai suivi des cours de droit, comptabilité, communication, des relations presse. J’ai appris comment fonctionne le système culturel, à trouver des financements, monter et défendre des projets.

J’échange avec Roxane sur son métier

Comment définirais-tu le métier de chargée de diffusion ?

Il.elle fait le lien entre une compagnie ou production et des lieux de diffusion. Le.la chargé.e de diffusion recouvre différentes casquettes, c’est un vrai petit « couteau-suisse » :=)

chargée de diffusion

Biennale de la danse (Défilé, atelier costumes avec l’équipe)

Y-a-t-il une journée type ?

Non, le.la chargé.e de diffusion n’a pas de journée type. On présente souvent le métier de chargé.e de diffusion/production comme deux métiers différents alors qu’il s’agit souvent dans les établissements d’un seul poste. Quand un nouveau projet est monté, le chargé.e de diffusion essaie d’abord de comprendre ce que recherche la compagnie, le message artistique qu’elle veut faire passer pour pouvoir vendre son spectacle aux programmateurs. Il.elle évalue ses supports de communication (teaser/vidéo  de présentation, dossier technique etc…), et peut être amené.e à en créer. J’ai pu mettre en pratique à l’époque mes compétences en graphisme.

Il s’occupe ensuite de la diffusion, c’est-à-dire de contacter les programmateurs des salles pour leur vendre les spectacles de la compagnie. Il faut s’attendre à essuyer des refus. Le relationnel est donc primordial pour obtenir leur adhésion et fidélisation, je me chargeais de leur envoyer des emailings et invitations papier. Je leur présentais nos nouveaux spectacles, mon but était de les convaincre d’acheter. Pour cela, je les invitais aux représentations que nous faisions à proximité de leur salle.

La partie production est quant à elle plus administrative et logistique, puisque je réalisais les contrats de vente, c’est ce qu’on appelle les « contrats de cession » dans le spectacle. Je m’occupais aussi des demandes de subvention, donc quand on crée un nouveau spectacle, on recherche des financements auprès de la Région, de la Ville, et dans le privé aussi auprès des fondations. Je gérais également la partie planning avec les artistes et louais des salles destinées aux répétitions.

Depuis combien de temps travailles-tu dans le milieu ?

J’ai été chargée de diffusion pendant trois ans pour les Ballets Contemporains de Saint-Etienne mais avant j’ai travaillé pour une compagnie de théâtre de rue, j’ai fait aussi de la médiation culturelle dans un centre d’art contemporain.

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Biennale de la danse (répétition défilé 2)

Tu as fait de ta passion pour la culture ton métier ? 

Mon truc quand j’étais petite, c’était plutôt les arts plastiques, mais j’aimais aussi le théâtre et la danse. J’avais envie de rejoindre une troupe, une famille. C’est un fonctionnement particulier par rapport au monde du travail, on aime ou on n’aime pas. Quand j’étais chargée de diffusion, je travaillais le soir et souvent le week-end, je ne comptais pas vraiment mes heures … combiner plaisir et travail, c’est ce que je recherchais.

Quelles ont été tes plus belles satisfactions ?

J’aimais particulièrement quand on créait un nouveau spectacle. J’ai travaillé sur de nombreux projets d’action culturelle menés par exemple avec des publics éloignés, des jeunes scolarisés en quartier politique de la ville et des personnes âgées. Quand je réussissais à monter des projets, à trouver des financements, mes plus belles satisfactions étaient en fait mes plus belles rencontres avec les artistes et les publics. Voir le projet sur le papier vivre, c’est un peu magique !

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Dansons sous la pluie – projet action culturelle de 7 à 75 ans (2019)

Quelles sont les qualités requises pour exercer le métier de chargé.e de diffusion ?

Il faut être très organisé.e et savoir anticiper surtout en période de festivals parce que le.la chargée.e de diffusion mène des projets différents de front. Beaucoup de choses mettent du temps à se débloquer, que ce soit les financements, les ventes de spectacle, ce n’est pas un métier facile, il.elle peut se prendre des murs, la persévérance est donc de mise. 

Quel est le statut d’un.e chargé.e de diffusion ?

J’ai choisi le statut d’intermittent.e du spectacle, c’est ce qui me convenait à l’époque. J’étais indépendante, ce qui signifiait que je pouvais travailler pour plusieurs compagnies, qui me proposaient régulièrement des contrats. La majorité du temps en télétravail, je me déplaçais en fonction de mes rendez-vous et des événements programmés. C’est une façon de travailler qui me plaisait, mais on n’a pas forcément la sécurité de l’emploi, les jours où je ne travaillais pas, j’étais rémunérée par Pôle emploi, ce qui me permettait d’avoir un salaire fixe. J’ai des amis qui exercent le même métier que moi mais pour une salle de concert, un théâtre, et là par contre, ils sont salariés.es, c’est un choix.

Vers quels métiers évoluer ensuite ? 

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Biennale de la danse (défilé 1)

Le.la chargé.e de diffusion peut évoluer vers d’autres métiers dans le secteur culturel tels que chargé.e des publics ou responsable de partenariats pour une salle de concert, un musée, une mairie etc…

Pour ma part, je ne travaille plus pour les Ballets Contemporains de Saint-Etienne depuis janvier 2020, après le lancement d’une dernière création « Ouvre la Cage » dont l’exploitation a été rachetée par une autre compagnie. Mireille Barlet, la chorégraphe des Ballets partant à la retraite, j’ai recherché autre chose. Je suis désormais collaboratrice au sein du Cabinet de la Mairie du 7e arrondissement de Lyon, en tant que chargée de mission communication évènementielle et démocratie locale, comme quoi la culture ne nous enferme pas et cela peut aussi être un tremplin vers d’autres choses, car ces années au sein des Ballets m’ont appris la polyvalence et permis de gagner beaucoup de compétences en montage de projets.

Quels sont tes conseils pour ceux qui voudraient se lancer dans le milieu ?

« Etre passionné.e« , commencez par avoir des bases solides dans le milieu culturel, intéressez-vous à plein de choses. Je vous invite à choisir une formation en fonction de vos affinités en « arts du spectacle », « histoire de l’art » ou « littérature ».

Je vous conseille plus particulièrement de faire des stages et de développer votre réseau ! J’ai fait des stages dès l’âge de 19 ans en parallèle de mes études, ça m’a aidée à m’insérer professionnellement dans le milieu, c’est un métier qu’on crée, il faut aller le découvrir !

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