Eric est psychiatre à Paris. « Tous les psychiatres ne font pas la même chose : chacun choisit son univers en fonction de ses études et de ses sensibilités. »

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Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre métier de psychiatre ?

« Tous les psychiatres ne font pas la même chose : chacun choisit son univers en fonction de ses études et de ses sensibilités. »

Certains travaillent dans des institutions, d’autres à l’hôpital ; pour ma part, j’ai un cabinet privé. Je suis les patients à deux niveaux. Le premier, le plus important, c’est la psychothérapie de type individuel analytique en face à face. Le second, chimique à l’aide de traitements médicamenteux pour les patients qui en ont besoin.

Concrètement, si vous deviez décrire les principales tâches au cours d’une journée type ?

Mon mode de travail est le même pour chaque patient : ce sont des consultations généralement hebdomadaires qui durent quarante-cinq minutes. Ces consultations se font l’un en face de l’autre, les unes à la suite des autres. J’ai des habitudes. Je travaille en semaine de 9h30 à 14h puis de 16h à 19h ou 20h.

Quel a été votre parcours pour exercer le métier de psychiatre ?

On doit faire des années de facs de médecine, on passe l’internat puis la spécialité. Pour ma part, j’ai étudié à Créteil, à Henry Mondor et ma psychiatrie à l’Université libre de Bruxelles. J’ai travaillé ensuite pendant quelques années en Belgique pour finalement m’installer en France.

Quelles sont pour vous les qualités requises pour être un bon psychiatre ?

C’est un peu difficile de pouvoir parler de qualités.

« Avant tout, pour faire de la psychiatrie, il faut déjà pouvoir affronter les troubles mentaux. »

C’est quelque chose de particulier, il faut être capable de réfléchir sur l’autre, au travers de difficultés qu’éprouve l’autre mais pas des difficultés physiques (ce n’est pas une jambe cassée ou un mal de tête) c’est quelque chose d’invisible et qui s’exprime par la voix du patient. Il faut donc l’écouter, c’est la qualité première. Il faut ensuite réfléchir, se décaler par rapport au discours du patient tout en gardant une bonne empathie.

Qu’est-ce qui fait que vous aimez votre métier de psychiatre ?

C’est tout ça ! C’est un métier très difficile mais qui est formidablement intéressant et surprenant puisqu’à chaque consultation, je me trouve devant une situation totalement différente de tout ce qu’on a connu. Il n’y aucune répétition. A chaque consultation, je découvre quelque chose.

Si vous aviez quelque chose à changer dans votre métier de psychiatre, ce serait quoi ?

J’aimerais qu’on puisse prendre plus de temps avec le patient. Nous avons la chance de bénéficier de ce cadre temps dans le privé ce qui n’est pas toujours le cas dans le public. J’aimerais également avoir des médicaments qui pourraient transformer la situation pour être plus efficace plus rapidement mais je pense que c’est un leurre : le travail qui doit se faire a besoin de temps.

Est-ce que vous une anecdote durant votre carrière à raconter aux jeunes ?

Il y a un moment qui m’a marqué : je travaillais en tant qu’interne à l’hôpital dans un secteur fermé (psychiatrie lourde), j’étais avec un patient totalement délirant, chaque matin je lui disais « bonjour »  et je le voyais ensuite dans mon bureau. Et un jour ce patient m’a dit qu’il n’avait pas confiance en mon chef de clinique. Je lui ai demandé « pourquoi », il m’a répondu « parce qu’il ne me dit jamais bonjour ». J’ai trouvé ça sidérant et extraordinaire parce qu’on a tendance à mettre les patients dans des espèces de cases de symptomatologie alors que ce patient complètement délirant m’a renvoyé des propos d’un bon sens parfait.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune de 14 à 25 ans qui souhaite devenir psychiatre ?

J’ai du mal à imaginer qu’à 14 ans on puisse vouloir devenir psychiatre parce que la psychiatrie est un univers un peu exceptionnel :

« Nous sommes d’abord médecin et ensuite psychiatre au contraire des psychologues qui sont tout de suite psychologues. »

Si un jeune souhaite faire ce métier, je lui conseille d’abord de réfléchir sur lui-même parce que son instrument principal, ce sera lui-même. Il faut qu’il soit sûr de lui et qu’il se rende compte qu’il va faire face pendant toute sa vie à des personnes qui souffrent mentalement

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