Métiers de la banque :« Ils vont devoir s’adapter, évoluer et se transformer avec les outils digitaux » Béatrice Layan, Responsable de l’Observatoire des métiers de la banque

Métiers de la banque : on parle aujourd’hui de l’industrie bancaire, un monde où les nouvelles technologies ont le vent en poupe, et où les offres d’emploi sont bien présentes. Tour d’horizon et explications de Béatrice Layan, responsable de l’Observatoire des métiers de la banque.

beatrice layan

Quels sont aujourd’hui les différents secteurs du monde de la banque ?

On distingue deux grands secteurs dans l’industrie bancaire. En premier les activités de la banque de détail, avec tout ce qui est orienté vers la clientèle de particuliers, les professions libérales et les petites et moyennes entreprises : la collecte de dépôts, la distribution de crédit et la gestion des moyens de paiement. En second, les activités de la banque de financement d’investissement et services titres (BFI), dédiées aux grandes entreprises, aux investisseurs institutionnels, aux gestionnaires de fonds, aux États, aux collectivités locales :  opérations financières telles que les introductions en bourse, financement de grands projets, les fusions-acquisitions des sociétés, les émissions de titres ou de produits financiers et les opérations de vente et de trading sur les marchés.

Pouvez-vous nous dresser la liste des principaux métiers de la banque ?

Il existe trois grandes familles de métiers : la force de vente (chargé de clientèle particuliers, entreprises et professionnels, conseiller en patrimoine…) qui concerne un emploi sur deux, les métiers de traitements qui représentent 30% des emplois (la gestion du back office, les métiers informatiques, les traitements des opérations bancaires…) et les fonctions support (comptabilité, finances, marketing, RH, juristes, communication, audit et contrôles…) qui comptabilisent 20% des effectifs. 

 

Avec l’arrivée des banques en ligne et la fermeture ou la digitalisation des agences, l’avenir est-il prometteur question embauches ?

« Même si on constate une certaine érosion sur les métiers les moins qualifiés, l’industrie bancaire recrute massivement. »

En 2018, ce sont plus de 42 000 recrutements qui ont été effectués et cela va continuer. En majorité, nous sommes sur des postes en CDI, notamment niveau bac+4, et bac+5, garants d’une grande expertise. En 2018 ils représentaient 63% des embauches. Question alternance, du niveau bac +2 à bac + 5, l’avenir est aussi prometteur. Plus de 6000 nouveaux contrats ont été signés en 2018. Cette dernière voie d’accès représente d’ailleurs une vraie tradition dans la banque.

Demain quelles fonctions seront particulièrement demandées et quels nouveaux métiers de la banque vont émerger ?

Je ne parlerai pas de nouveaux métiers mais plutôt de fonctions déjà existantes qui vont s’adapter, évoluer et se transformer notamment avec les outils digitaux, tant au niveau de la relation client avec des attentes et des moyens différents (Internet, smartphones, relation à distance…), que du traitement de la donnée (DATA) où par exemple, les informaticiens, qui géraient auparavant l’ensemble de l’informatique, se spécialisent maintenant vers les métiers d’analyseurs, experts en mégadonnées

A contrario, certains métiers de la banque sont-ils amenés à disparaître ?

« Les métiers ne disparaissent pas, ils se transforment. »

Ceux dont les tâches sont répétitives et à faible valeur ajoutée vont aussi se doter d’outils à base d’intelligence artificielle. Par exemple, il y a de moins en moins de personnes chargées uniquement de l’accueil des clients. Aujourd’hui, les chargés d’accueil conseillent aussi et doivent pouvoir rapidement évoluer vers plus d’expertise. D’ailleurs toutes les personnes qui exercent ces fonctions sont formées en interne pour pouvoir se voir confier des missions commerciales via les nouveaux outils.

En général, et à tous les niveaux d’études, quelles sont les formations les plus recherchées ?

Les grandes écoles de commerce et les écoles d’ingénieurs sont actuellement les formations les plus recherchées. Les diplômes universitaires, masters en informatique, conformité et contrôle sont également reconnus. A noter aussi, via un cursus BTS management des unités commerciales, la possibilité d’intégrer le monde la banque en alternance pour prétendre démarrer à un poste de chargé d’accueil et de services à la clientèle ou sur des centres d’appel particulièrement formateurs.

Est-ce un monde où la parité existe ?

« Oui. 57% des effectifs sont féminins et près de 50% des cadres sont des femmes. »

Toutes les grandes entreprises ont mis en place des actions afin de les promouvoir à des postes à hautes responsabilités. Mais faire bouger les lignes prend du temps, les femmes sont encore sous représentées dans les écoles d’ingénieurs par exemple et au sein des métiers qui mènent plus aisément aux comités de direction. Toutefois elles progressent et les plans de relève sont en marche.

Échange avec des pros du secteur sur JobIRL

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