Pierre-Yves assure les prévisions météos sur les Grands Prix de Formule 1

Pierre-Yves Guillerm, 44 ans, est météorologue prévisionniste au Centre national de Météo France à Toulouse. Un métier essentiellement scientifique dans lequel il ne fait pas la pluie et le beau temps !

En quoi consiste exactement votre métier ?

Spécialiste des prévisions météorologiques sur la France, je recueille, j’observe et j’analyse les données terrestres et atmosphériques fournies par les satellites, les stations météo, les radars et les simulations des modèles atmosphériques via des ordinateurs. Une de mes activités consiste à réaliser des prévisions à l’échelle de la métropole. Pour ce faire, je travaille en collaboration avec mes collègues en régions qui vont les affiner localement.

Mais mon activité principale consiste actuellement à assurer l’assistance météorologique sur les événements sportifs, notamment une partie des Grands Prix de Formule 1.

Grâce à un équipement météo complet installé sur place, pendant la durée de l’événement, je dois analyser au jour le jour, voire à la minute près, les prévisions atmosphériques, les communiquer aussitôt aux ingénieurs voitures et ingénieurs de la stratégie des courses, surtout si la pluie risque d’être au rendez-vous.

Quelles sont les compétences humaines et techniques requises pour l’exercer ?

Il est indispensable d’avoir une solide formation scientifique et une grande capacité d’organisation pour pouvoir agréger rapidement la multitude de données de façon optimale. Et l’on travaille souvent dans l’urgence, avec des horaires très limités, d’où l’importance d’être capable de résister au stress.

Rigueur et précision sont également de mise, afin d’informer sur les conditions atmosphériques sans se tromper. Surtout dans le monde de la Formule 1 où les enjeux humains en matière de sécurité sont réels et les conséquences de la météo sur la course parfois décisives.

« Nous n’avons pas le droit à l’erreur. »

Comment êtes-vous arrivé dans ce domaine ? Et quelle formation avez-vous suivi ?

Ayant grandi en Bretagne, féru de sports nautiques, j’ai toujours été sensible à la météo et attentif à la lecture des cartes à une époque où l’on ne consultait pas encore Internet.

Après un bac scientifique, ne sachant pas vraiment quelle voie choisir et peu tenté par une école d’ingénieur, ni par une prépa, je me suis engagé dans la marine nationale. Histoire de changer d’horizons et de découvrir un nouvel univers.

Pendant huit ans j’ai été affecté au poste de détecteur anti sous-marins, celui chargé de reconnaître les bruits amis ou ennemis perçus par le sonar. Et puis j’ai décidé de quitter la marine et de reprendre mes études. Un DEUG de physique en poche via le Centre national d’enseignement à distance (CNED), j’ai passé le concours de météorologue technicien à Météo France, suivi la formation en deux ans et continué avec le concours d’ingénieur météo et son cursus en trois ans à l’école nationale de la météorologie à Toulouse (ENM).

Dans cet univers quels sont, selon vous, les postes qui permettent d’évoluer dans sa carrière ?

C’est un monde ouvert, avec tout un panel de métiers, qui offre de nombreuses possibilités. À condition d’être motivé et volontaire.

Il est possible d’évoluer de technicien à ingénieur puis à des fonctions d’encadrement. On peut aussi changer de spécialité et se tourner vers la climatologie, le développement informatique, l’enseignement ou encore la recherche.

Est-ce une fonction qui vous amène à vous déplacer en France ou à l’étranger ?

Comme je couvre les Grands Prix de Formule 1 dans le monde, je suis en déplacement environ dix semaines par an. Mais je suis un cas particulier au sein de Météo France.

La majorité des météorologues sont plutôt sédentaires. Exceptés, bien sûr, ceux qui exercent la même fonction que moi.

Pourquoi aimez-vous ce métier ?

J’ai la chance de pouvoir combiner ma passion pour le sport et ma vie professionnelle. Chaque prévision est une nouvelle copie. C’est un univers en constante évolution.

« Avec les avancées techniques et scientifiques, les données sont de plus en plus précises et la compréhension des phénomènes météorologiques complexes chaque jour plus performante. »

C’est motivant, l’expérience aidant, de s’auto évaluer et de s’améliorer au fil du temps. Et cela ne va pas s’arrêter…

En début de carrière combien gagne-t-on en moyenne? Et le salaire est-il exponentiel ?

Dans la fonction publique, un technicien commence à 1500 € et un ingénieur à 2000 € net, pour arriver en fin de carrière à 3000 et 4000 €.
Dans le privé, on gagne mieux sa vie, mais les postes ne sont pas nombreux.

Comment concilier au mieux vie professionnelle et vie privée?

La programmation des voyages est toujours prévue plusieurs mois à l’avance. Ce qui permet de s’organiser sans soucis.

« L’avantage notoire, ce sont les temps de récupération qui offrent de vrais moments de qualité en famille. »

Et avec mes trois enfants, j’apprécie.
En revanche, hormis les déplacements, comme on doit assurer H24 de jour comme de nuit, c’est plus contraignant de trouver entre collègues des horaires qui vont convenir à tout le monde. Mais l’on s’en sort très bien.

Toi aussi, tu es passionné par le climat? Contacte Pierre-Yves !inscription

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