Les métiers du tourisme : «Une politique de développement génératrice d’emplois », Lorenzo Dri, Directeur emploi formation, UMIH

Les métiers du tourisme : c’est un secteur dynamique et qui promet des lendemains ouverts à tous, quel que soit son niveau d’étude. Tour d’horizon et explication de Lorenzo Dri, directeur emploi formation à l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH), organisation membre de la Confédération des Acteurs du Tourisme (CAT).

Quels sont actuellement les grands secteurs du tourisme ?

C’est un monde extrêmement vaste pour accueillir, faire voyager et accompagner tout un chacun dans les meilleures conditions possibles. L’hébergement et la restauration, et toutes les activités qui y sont liées, représentent le secteur principal et majoritaire avec 70% des emplois. Et puis, il y a les agences de voyage, les tour-opérateurs, les attractions touristiques, l’aventure et plein air, les casinos, les parcs d’attractions, les transporteurs, les croisiéristes et les offices du tourisme.

Dans quels domaines, ou plus exactement dans quelles activités les retrouve-t-on?

Les voyagistes, les agences de voyage et les plateformes de réservations interviennent en amont et fédèrent ensuite une multitude de fonctions au sein des aéroports, gares, ports et aires d’autoroutes, là où arrivent les touristes. Suivent ensuite tous les métiers qui vont tourner autour de l’accueil et de l’accompagnement. Du serveur au réceptionniste, en passant par le cuisinier, le guide ou encore l’animateur saisonnier sports et loisirs, ou le chef de produit touristique… des acteurs qui œuvrent pour que l’hébergement, le séjour, les services et offres proposés correspondent aux attentes des clients.  

Est-ce un domaine prometteur question recrutement et dans quels secteurs notamment ?

« Le tourisme est un secteur qui recrute et va continuer de le faire dans les années à venir hors et dans nos frontières. »

En France, par exemple, l’objectif est de dépasser les cent millions de visiteurs, de continuer à progresser à la fois en volume et en qualité tout en participant à l’économie de notre pays. Dans cette politique de développement génératrice d’emplois, tous les métiers en lien avec l’accueil en général sont aujourd’hui en tension et risquent de l’être de plus en plus. Alors, tous les profils sont les bienvenus. Mais le tourisme concerne aussi toutes nos richesses rurales. Paris n’est pas la France, les régions sont capitales !

Comment les enjeux environnementaux et le développement du digital vont-ils impacter ce secteur ?

La révolution numérique est déjà en marche. Le digital s’est imposé comme mode de communication entre les clients et les établissements. Sur les plateformes de réservations et sur les réseaux sociaux des lieux d’hébergements, via des questionnaires en ligne, des opérateurs programment, anticipent, gèrent et corrigent les demandes.

« Cette nouvelle forme de veille commerciale, va être assurée par des opérateurs ou community managers intégrés ou externes. Mais le numérique ne va pas remplacer et gommer l’homme. »

Au contraire, il va renforcer le contact humain. Aujourd’hui les clients, au fait de toutes les infos grâce à la toile, sont de plus en plus exigeants et ont besoin d’un relais physique et d’une écoute personnelle. Certes pas mal de voyagistes ont souffert de cette transition digitale, mais on observe un rebond notamment chez ceux qui ont su s’adapter.

Quant aux enjeux environnementaux, ils font désormais partie de notre quotidien et les clients sont très sensibilisés. L’industrie du tourisme a dû en tenir compte. Les hôteliers, restaurateurs, villages de vacances, privilégient les circuits courts, adoptent des réflexes écologiques tant au niveau de l’alimentation que de l’entretien et de leur fonctionnement. L’écotourisme, centré sur la nature, connaît aussi un réel engouement.

Et demain quelles nouvelles fonctions vont émerger?

Il n’y aura pas à proprement parler de nouvelles fonctions, mais plutôt des métiers déjà existants qui vont devoir s’adapter et évoluer avec l’outil numérique. Les professionnels du tourisme, quel que soit le poste, recherchent avant tout des personnes ayant des qualités de base, comme le savoir-être, le sens de l’investissement et celui des relations humaines pour être à la disposition de l’autre. La technique cela s’apprend.

Quelles sont les différentes formations pour y accéder ?

De bac – 5 à bac + 5, l’avenir dans ce secteur est de maîtriser une, voire deux langues vivantes. L’anglais évidemment, mais le russe, l’arabe et le mandarin sont des atouts supplémentaires.

« Le prérequis pour travailler dans le tourisme n’est pas tant le diplôme, mais l’envie de s’investir et de se former en entreprise via un apprentissage qui reste la voie royale pour nous rejoindre. »

Bien sûr pour accéder aux postes de management, il est conseillé d’avoir d’autres connaissances que l’on acquiert du BTS au master ou de sortir d’une grande école et de maîtriser plusieurs langues vivantes. Idem pour devenir guide conférencier dans un musée, les études sont longues et là les débouchés sont restreints. Mais on peut aussi, avec un bac général, pro ou technologique suivre en un an le cursus du diplôme de mention complémentaire (MC) accueil-réception, ou en deux ans passer un BTS tourisme qui permet d’exercer comme accompagnateur de voyages ou comme chef de produit touristique. Il existe également les certificats professionnels (CQP), accessibles aux non bacheliers, des diplômes professionnels très adaptés aux emplois. Moins scolaires et très opérationnels, ils sont souvent d’une durée d’environ un an et couvrent beaucoup de fonctions, des métiers des loisirs, de l’hôtellerie, de la restauration, de la sécurité, de la thalassothérapie…

Le tourisme est encore un secteur où l’évolution sociale se fait naturellement, et ce à tous les niveaux, en France comme à l’international.

Échange avec des pros du secteur sur JobIRL

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