Les métiers de l’aéroportuaire : « Maîtriser au moins une seconde langue vivante est un plus » Sandra Le Goascogne, GIP emploi

Les métiers de l’aéroportaire : qu’il s’agisse de passagers ou de fret, les aéroports génèrent une activité qui ne cesse d’augmenter et, de fait, des opportunités de travail aussi diverses que variées. Le point avec Sandra Le Goascogne, cheffe de projet Orientation et Entreprises chez GIP Emploi Roissy CDG

métiers de l'aéroportuaire

Dressez-nous un panorama des différents secteurs qui composent le monde de l’aéroportuaire

Au sein même des aéroports, sur les pistes, aux alentours et dans les airs, il y a d’abord tout le secteur du transport aérien (personnel navigant, agent d’escale et agent de piste), puis celui du bâtiment et de la maintenance aéronautique, du commerce (duty free), de l’hôtellerie et de la restauration, du transport et de la logistique (transports de marchandises et fret) et enfin de la sûreté et de la sécurité.

Quels sont aujourd’hui les principaux métiers de l’aéroportuaire et ceux qui recrutent ?

Au niveau aérien et aéroportuaire, sont regroupés le personnel navigant commercial ou PNC (hôtesse, steward) -selon les périodes-, les pilotes, les agents d’escale (personnel au sol), les agents de piste qui guident les avions ou coordonnent le transfert des bagages et marchandises, les bagagistes qui assurent l’acheminement des bagages de l’aérogare à la soute et les agents d’accompagnement pour personnes à mobilité réduite.

« Exceptés les PNC, tous ces métiers sont en tension. Car on peine à recruter, notamment à cause de la difficulté à trouver des personnes qui maîtrisent une seconde langue vivante comme l’anglais. »

Dans le secteur commercial on manque également de vendeurs qui maîtrisent bien l’anglais dans les nombreuses boutiques de l’aéroport.

En maintenance aéronautique, la demande est grande concernant les mécaniciens.

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Du côté des transports et de la logistique, il y a un énorme turnover dans les effectifs notamment chez les chauffeurs routiers qui acheminent les marchandises, chez les caristes et agent de quai, qui sont chargés de la préparation des commandes dans les entrepôts mais aussi dans toute la gestion de la chaîne d’approvisionnement (supply chain management).

Sur le plan de la sécurité à noter de gros besoins sur des postes comme agent de sûreté pour les contrôles aéroportuaires. Mais également des agents de police aux frontières pour le passage des douanes.

Quant au secteur de l’hôtellerie, parmi tous les métiers, réceptionnistes et serveurs sont également très recherchés. A condition, encore une fois, d’avoir un bon niveau d’anglais.

Demain, quelles nouvelles fonctions vont émerger dans l’aéroportuaire ?

Un poste méconnu et pourtant innovant est celui d’agent de sûreté aéroportuaire profiler. Il est chargé de surveiller et de détecter les comportements à risques parmi la foule. Doté d’une formation pratique et psychologique, il est la plupart du temps rattaché à une société privée de sécurité prestataire du groupe ADP. Avec le grand virage numérique beaucoup de métiers existants vont devoir s’adapter. Du vendeur au responsable logistique, en passant par la femme de ménage ou la gouvernante, tous sont concernés.

A contrario, avec la transition numérique, certaines sont-elles amenées à disparaître ?

Les agents d’escale sont fortement impactés par la transition digitale. Notamment avec l’installation de bornes dans la zone aéroportuaire qui diminuent le besoin de présence humaine. Et à plus ou moins long terme l’émergence de la robotique pourra progressivement se charger des tâches manuelles simples. Cependant, avant que les passagers soient tous en capacité de s’enregistrer, des agents seront présents pour les assister.

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Dans un contexte où la menace terroriste plane, quelles expertises sont particulièrement demandées ?

On a déjà mentionné d’agent de sûreté aéroportuaire profiler. Et il y a également un développement important concernant les nouvelles technologies de détection de matériaux dangereux, notamment pour les portiques de sécurité et autres outils de détection.

Question recrutement quels sont, dans les années à venir, les secteurs et les métiers prometteurs ?

« Avec l’avènement des Jeux Olympiques en 2024, tous les métiers qui gravitent autour du service clientèle et de l’accueil vont être particulièrement demandés. »

Mais il faudra au moins maîtriser une seconde langue vivante, voire une langue dite rare comme le chinois, l’arabe ou encore le russe. A noter également de gros besoins sur les métiers du bâtiment avec différents projets de construction, dont le nouveau Terminal 4 d’ADP (travaux annoncés courant 2021). Des charpentiers, façadiers ou chaudronniers à la pointe question nouvelles technologies en accord avec le développement durable, des métiers d’encadrement, de gestion informatique et de logistique vont donc être très prisés.

Quelles sont, en général et à tous les niveaux d’études, les formations les plus recherchées ?

On ne va pas rechercher forcément des personnes hautement diplômées.

« Beaucoup d’entreprises qui vont recruter vont en effet plutôt miser sur le côté comportemental des personnes, ce que j’appelle la posture professionnelle, c’est à dire une bonne présentation, un contact aimable, de la ponctualité… avec un profil bac+2 et les former ensuite en interne. »

Ce qui compte pour travailler c’est le sens de la relation clientèle.

Toutes les formations BTS, DUT (bac+2) ou ingénieur (bac+5) spécialisées dans les nouvelles technologies et le développement durable vont aussi être particulièrement reconnues pour tout type d’emploi.

Mais pour certains postes de mécanicien ou cuisinier, un CAP ou un Bac pro est suffisant. Certains métiers de l’exploitation ou de l’accueil sont accessibles avec un niveau BAC (Réceptionniste, agent d’escale, vendeur en boutique). Et là encore, j’insiste, une seconde langue vivante est un plus, quelle que soit la formation choisie.

Échange avec des pros du secteur sur JobIRL

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