« Je me suis trompée dans mon orientation mais naturellement je me suis retrouvée à entreprendre » Jessica, créatrice de Waïno

Animée par la passion de son métier et la fois en son projet, Jessica l’est ! Découvre le parcours de cette entrepreuneuse qui n’a pas eu peur de croire en ses idées et  lancer sa propre entreprise.

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Jessica fait partie de la communauté #LesIntrépides, ces femmes qui évoluent dans des secteurs qui manquent des talents féminins !

Pouvez-vous expliquer ce que fait votre structure et en quoi consiste votre métier ?

Waïno est une jeune entreprise qui a pour but de créer des ponts entre la France et les pays émergents et en voie de développement (Amérique Latine, Afrique, Asie) pour générer plus d’impact et de développement dans toutes ces destinations et encourager l’entrepreneuriat.

Pour l’instant, Waïno se concentre sur un premier axe qui sont les stages. On croit profondément qu’encourager la mobilité et notamment celle des jeunes c’est d’encourager la création de ponts, le changement d’idées reçues et de générer des nouveaux projets. Parfois ça commence par un stage mais après les étudiants continuent à travailler dans les entreprises ou entreprennent comme ça a été le cas pour moi. Et c’est l’objectif assez militant de Waïno.

 

Quel est votre rôle au sein de Waïno ?

Moi je suis la maman de Waïno ! Je l’ai créé, je l’ai pensé et j’ai mis en place le réseau de partenaires. J’ai d’abord cherché les ambassadeurs dans chaque pays parce qu’il fallait absolument avoir une représentation. Après, construire le réseau d’entreprises qui sont prêtes à accueillir des étudiants et aussi plus tard faire partie de la communauté Waïno. Et ensuite, créer les offres de stages avec les entreprises, recruter les étudiants, faire la communication, créer un réseau d’écoles partenaires…

 

Est-ce que vous pouvez décrire ne journée type ou bien un projet sur lequel vous travaillez ?

« Pour moi, il n’y a pas un profil d’entrepreneur, ça dépend beaucoup de l’activité qu’on a créée mais si on prend des lignes générales, je pense qu’un entrepreneur doit être prêt à se remettre en question tout le temps parce que ce n’est pas une activité fixe, figée. »

C’est une activité en construction donc il faut rester ouvert malgré les tâches quotidiennes qui peuvent avoir un côté répétitif. Par exemple, tous les jours je vais faire des entretiens avec des étudiants, je vais parler avec des entreprises pour voir leurs besoins de stagiaires. Ça c’est l’activité on va dire « façade », la plus visible. Mais l’entrepreneur doit toujours réfléchir à ses objectifs, au pas suivant, et c’est peut-être la grande différence avec une entreprise établie.

 

Est-ce que c’est un métier que vous avez toujours voulu faire ?

« Pas du tout ! Je dirai même qu’au tout début, quand j’étais étudiante, tous les projets ou les actions qui sensibilisaient à l’entrepreneuriat je ne les faisais pas parce que j’avais un autre projet. »

Mais, au fond, la vision que j’ai de Waïno correspond tout à fait à ce que je voulais faire depuis le début. Avant de commencer mes études j’étais passionnée par tout ce qui était problématique d’aide au développement et relations internationales. L’orientation que j’ai prise dans mes études a fait que je n’ai pas pu me spécialiser dans cette voie-là.

« Je me suis un peu trompée dans mon orientation mais naturellement je me suis retrouvée à entreprendre »

Waïno est revenu au bon moment de ma vie, quand j’étais un petit peu en train de réfléchir quand j’ai commencé mon premier emploi. Finalement, c’était pour moi le plus évident pour atteindre ces objectifs de vie qu’étaient travailler dans quelque chose qui me passionne et avoir ce sens utile d’aide au développement.

 

Qu’avez-vous fait comme études pour faire ce métier ?

J’ai fait une école de commerce après avoir fait une classe préparatoire et je me suis spécialisée dans tout ce qui était négociation d’affaires parce que j’étais passionnée par ce côté relationnel. J’avais envie d’être sur une dimension diplomatique plus que de la vente de produits, je voulais être dans la vente d’idées, de projets et de problématiques.

 

Qu’est-ce que vous aimez particulièrement dans votre métier ? Et quelles qualités selon vous faut-il avoir pour l’exercer ?

Ma réponse va être curieuse parce que c’est à la fois ce que j’aime et ce qui est difficile. J’aime la liberté que ça offre : je suis libre d’orienter l’entreprise telle que je l’imagine et à la fois je trouve que c’est une difficulté, puisqu’on peut très bien se tromper. On n’a pas de supérieur donc il faut juste assumer et tester ses idées mais c’est ce que j’aime parce que si demain je pense que je fais erreur j’ai toute la liberté de corriger ça.

Les qualités, je dirais rester très attentif et ouvert. Ne pas trop s’installer dans la vie confortable qu’on vient de se créer, rester dans l’apprentissage en continu. Surtout dans le monde actuel, rien n’est figé, les choses bougent beaucoup, en particulier quand on a un métier où on est confronté au web et à la communication digitale mais aussi à l’humain parce qu’il évolue très vite.

 

On considère encore beaucoup que l’entrepreneuriat est un secteur « masculin ». Qu’est-ce que vous en pensez ?

Les chiffres sont là pour montrer qu’il y a moins de femmes que d’hommes entrepreneurs donc ça ne se discute pas. Après pourquoi c’est le cas, je ne sais pas forcément. Peut-être qu’il y a des histoires de peur ou de pas se sentir légitime ou tout simplement de ne pas savoir qu’on peut le faire. Pour entreprendre, je n’avais pas de peur particulière, en tous cas pas de peur liée au fait d’être une femme.

Bien sûr j’ai eu des difficultés et j’en rencontre encore. Étant donné que je voyage beaucoup je vais dans des cultures où parfois la place de la femme n’est pas toujours valorisée ou pas telle qu’on le souhaiterait. Donc je suis confrontée à des personnes ou des institutions qui vont me traiter différemment mais je ne le vois pas absolument pas comme un obstacle. Qu’on soit une femme ou un homme, dans tous les cas on est entrepreneurs donc on va rencontrer des difficultés.

« Des obstacles et des jugements sur notre personne que ce soit notre genre, notre âge, notre origine, notre couleur de peau, on va toujours en avoir. C’est à nous aussi de ne pas laisser des emprises là-dessus et tout de suite rentrer dans les faits et dans l’argumentation. »

Effectivement on peut se sentir diminuées face à certains commentaires mais [personnellement] je ne laisse pas passer ça. Généralement, suivant la manière dont c’est dit, je vais faire une remarque sur fond d’un humour un peu taclant. Il faut répondre parce que si on ne répond pas globalement on cautionne et ça veut dire que cette personne va potentiellement continuer dans cette voie-là. Après c’est aussi terriblement motivant parce que ça donne qu’une envie c’est de montrer de quoi en est capable.

 

Selon vous qu’est-ce qui pourrait être amélioré pour que les femmes soient plus nombreuses à entreprendre ?

C’est une bonne question ! Je pense que ce qu’il y aurait à améliorer c’est déjà informer plus sur l’entrepreneuriat général, sur les aides qui existent, qu’on n’est pas obligés d’entreprendre à temps plein… Comme je disais c’est important de se former tout le temps aussi sur les techniques et comment initier un business parce qu’on peut très vite se tromper même avec toute la volonté du monde et le meilleur projet du monde.

 

Pour finir, si vous aviez un conseil à donner à une jeune fille qui hésite à se lancer dans ce secteur, quel serait-il ?

« De ne pas hésiter. Entreprendre ça peut faire peur et à la fois c’est une fabuleuse expérience parce qu’on apprend beaucoup, parce qu’on va au bout d’une idée. »

C’est aussi y aller parce que finalement on a rien à perdre surtout quand on est jeune, c’est la période de la vie où on a moins de responsabilité. On a moins de coût aussi donc on n’a pas forcément à se charger d’un prêt, des enfants ; on a moins d’attentes. Après il faut le faire de manière réfléchie parce que ce n’est pas non plus un chemin tout rose d’entreprendre. Il y a un certain nombre d’obstacles, ce n’est pas dit que ça réussisse non plus. Il faut être prêt à se dire qu’on va beaucoup travailler et qu’ on va devoir renoncer à certaines choses aussi. On ne va peut-être plus prendre de vacances, de vrais weekends où on coupe vraiment… donc faut être prêt à bosser, à se remettre en question, à avoir des gros moments de doute et à devoir continuer à apprendre.

Si elles sont prêtes à tout ça, si elles ont cette envie d’aller au bout de leurs idées et de tenter une aventure un peu folle c’est parfait. L’aventure en vaut la peine, surtout pour des gens passionnés avec pleins d’idéaux et c’est une superbe aventure.

 

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