Interview plombier : Antoine vous parle de son métier

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Antoine est plombier chez Le Plombier Gentleman et vous parle de sa formation et de son métier au quotidien. Découvrez ci-dessous notre interview sur le métier de plombier :

  • Comment est née l’idée de créer votre entreprise Le Plombier Gentleman ?

Nous sommes deux fondateurs, Bertrand et moi-même Antoine, nous nous sommes rencontrés à l’ESCP Europe, en master entrepreneuriat. Nous voulions tous les deux monter une entreprise, et la première chose qu’on apprend à l’ESCP Europe quand on veut monter son entreprise, c’est de ne pas se réveiller un matin en se disant je suis un génie, j’ai l’idée du siècle, je vais créer le futur Google ou le futur Facebook. Il faut faire un petit exercice de modestie et au lieu de penser que vous allez trouver la solution dans la nuit, il faut regarder où est-ce qu’il y a un vrai problème pour les gens dans leur quotidien, et aller à leur rencontre.. Nous avions vécu tous les deux des expériences désagréables l’un avec un plombier et l’autre avec un serrurier. Nous en avons parlé autour de nous et avons constaté que nous n’étions pas les seuls à avoir eu de mauvaises expériences avec ces services. Nous avons pensé que nous pouvions faire la différence en tant que jeunes diplômés niveau bac+5/bac+6 et qui s’intéressent à ces secteurs-là. Ça nous plaît de faire un truc un peu décalé, de dire que nous venons de l’ESCP Europe et que nous sommes plombier, c’est provocant et marrant. Une fois que nous avons décidé de nous lancer dans le secteur de l’artisanat et du dépannage, il restait à choisir entre la plomberie et la serrurerie. Nous avons choisi la plomberie, car, pour un même appartement, vous avez plus de chance de faire appel à un plombier (cuisine, toilette, salle de bain) qu’à un serrurier (une porte d’entrée). En terme de coût d’acquisition client, c’est bien plus intéressant d’aller sur la plomberie, et en terme de complexité de métier à apprendre, c’est à peu près similaire.

  • L’ubérisation est à la mode aujourd’hui, est-ce que vous ubérisez la profession de plombier ?

Le business model n’est pas celui d’Uber. Nous ne sous-traitons rien, nous intervenons nous-mêmes et le développement du Plombier Gentleman passera par le recrutement de plombiers, qui seront salariés en cdi. Nous ne voulons pas sous-traiter nos interventions afin de totalement maîtriser la qualité du service. En outre, Uber c’est un service simple et standardisable, il transporte une personne d’un point A à un point B. Concernant la plomberie, nous allons chez un client, un joint peut être fait en 30 secondes, en 1h, ou en 2h s’il faut démonter un meuble, on peut aussi être appelés pour des devis que nous réalisons gratuitement. Ce qui nous plaît aussi dans notre métier, c’est le service, et nous voulons qu’il soit irréprochable et uniforme et ce n‘est pas possible si nous sous-traitons, parce que si c’est Jean-Pierre une fois, Karim ensuite, puis Bertrand une autre fois, ça ne sera jamais le même service, parce que trois personnes différentes, donc trois façons différentes d’intervenir. Comme nous avons un code de service exigeant, à savoir apporter un pain au chocolat le matin aux clients, porter un nœud papillon, les plombiers ne seraient pas prêts à le faire. Nous n’ubérisons donc pas au niveau du business model. En revanche, nous pouvons dire que nous ubérisons dans le sens où nous essayons de faire un métier mieux que ce qu’il se faisait avant. Uber a choisi des chauffeurs en costume, qui sont rapidement disponibles et les clients ont droit à de l’eau et des bonbons à l’arrière du véhicule. Nos plombiers sont disponibles, aimables, à l’heure, et ils viennent avec un nœud papillon et un pain au chocolat le matin. Dans ce sens-là, nous ubérisons la plomberie.

  • Pouvez-vous expliquer aux jeunes en quoi consiste votre métier ? Et concrètement, quelles sont les principales tâches que vous effectuez au quotidien ?

Nous nous levons à 7h30 et comme nous faisons beaucoup de dépannages, nous avons des clients le matin de bonne heure, et le soir assez tard car les clients travaillent en général la journée. Nous rendons visite à nos clients particuliers le matin, entre 8h et 10h, nous avons le temps d’en faire deux, et le soir jusqu’à 23h, c’est notre service, nous sommes ouverts 7j/7, 24h/24 et au même prix (120 euros ttc). 90 % des interventions durent moins d’1 heure. Si les interventions nécessitent plus de temps, comme changer un ballon d’eau chaude, nous y allons une première fois pour faire un devis (gratuit) et ensuite en revanche, il faut bloquer une demi-journée.

Pendant la journée (10h-17h), nous avons des clients en B2B, des partenariats avec des agences de location de courte durée pour les touristes, c’est pas mal car eux, à l’inverse, préfèrent que nous intervenions pendant que leurs clients visitent Paris. En outre, nous parlons couramment anglais ce qui est un avantage pour les clients étrangers. En parallèle, je gère l’administratif, les factures, les devis, les relances clients, et une grosse partie de recrutement, en fait, c’est tout le travail d’un chef d’entreprise.

  • Avant de faire l’ESCP Europe, quel était le métier de vos rêves ?

Nous avons toujours eu envie de monter notre propre entreprise.

  • Faut-il une qualité ou un talent particulier pour exercer le métier de plombier ?

Il faut avoir une bonne résistance physique, être patient et sympa avec les clients, c’est très important. Nous avons repris tous les préjugés de la plomberie et nous avons essayé de faire tout l’opposé avec le style gentleman,  le nœud papillon, le petit croissant qui va bien et ça plaît !

  • Qu’est-ce qui fait que vous aimez votre métier ?

C’est un métier varié, parce que le matin, nous allons chez les clients pour des interventions, l’après-midi, nous faisons de la comptabilité, du recrutement, nous allons chercher des partenariats avec de nouvelles agences. Plus spécifiquement à la plomberie, ce qui est vraiment sympa et réconfortant, c’est le contact avec les clients, nous sommes tout le temps chez des gens et nous voyons 4/5 clients différents par jour.

  • Si vous aviez une chose à changer ?

Aujourd’hui, ce n’est pas évident de recruter, nous recherchons par exemple un profil expérimenté, qui serait un peu notre directeur technique, avec 10/20 ans d’expérience. Aujourd’hui, notre structure est trop petite pour prendre un jeune que nous allons devoir former, nous n’avons pas les moyens de le faire. Il n’y a pas beaucoup de jeunes qui sortent de la formation  et qui sont autonomes, que nous pouvons envoyer tout seul chez les clients. Une fois que nous aurons recruté un profil expérimenté, nous pourrons tout à fait prendre des jeunes que cette personne-là formera.

  • Auriez-vous une anecdote à nous raconter ?

Lorsqu’on arrive chez nos client, ils sont toujours étonnés de nous voir. Ils pensent que nous ne sommes pas les plombiers et qu’une personne correspondant plus à leur imaginaire va encore arriver.

  • Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui veut exercer le métier de plombier ?Il y a différentes façons d’exercer ce métier. Un plombier peut faire du dépannage dans une ville comme du gros œuvre pour Bouygues mais ce n’est pas le même métier. Je vous conseille de bien vous renseigner et justement de faire des stages, ça commence par le stage découverte 3ème et vous pouvez contacter aussi des entreprises de plomberie pour leur demander si elles accepteraient de vous recevoir quelques semaines. Si vous voulez créer votre propre entreprise comme moi, je vous conseille d’avoir une gestion très stricte et en particulier dans la plomberie. Attention à la tentation facile de ne pas déclarer certains revenus. Vous avez besoin de chiffres clairs et c’est important d’être dans une logique de transparence, ça se ressent d’ailleurs dans la relation avec les clients. Faire du black ne met pas dans une bonne logique d’entrepreneuriat et de service client.Il est important de communiquer aussi sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, nous trouvons 90% de nos clients sur Facebook. Les réseaux sociaux sont encore peu utilisés par les artisans, ça ne leur parle pas du tout, or, Facebook par exemple, c’est bien sûr un divertissement, mais professionnellement, je vous le recommande.

Des questions ? échangez avec Antoine en ligne sur JobIRL, sur sa formation et son métier de plombier et d’entrepreneur en cliquant sur le lien ci-dessous :  http://bit.ly/plombiergentleman

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