Interview éducateur sportif : Zoubir vous parle de son métier

 

Zoubir, éducateur sportif, vous parle de sa formation et de son métier au quotidien. Découvrez ci-dessous notre interview sur le métier d’éducateur sportif :

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1/ Pouvez-vous expliquer aux jeunes en quoi consiste le métier d’éducateur sportif ?

Je suis éducateur sportif et je donne des cours de taekwondo dans le club que j’ai créé à Toulouse. La pratique du sport est le reflet de ce que l’on vit au quotidien, sous une forme plus ludique, l’objectif des cours est d’apprendre aux jeunes à se débrouiller au quotidien – aller de l’avant, se battre quand il y a des efforts à faire, etc… Le sport peut être souvent un tremplin pour des jeunes. Mais pour vivre des métiers du sport, il faut que ce soit une véritable passion. Le sens de ce métier vient du fait de transmettre les valeurs du sport, faire comprendre aux enfants certaines choses et les aider ensuite dans leur vie de tous les jours. Et puis voir le résultat ensuite : c’est ce qui est le plus gratifiant.

2/ Et concrètement, si vous deviez décrire les principales tâches que vous effectuez au cours d’une semaine type ?

Donner des cours de taekwondo est la partie visible de mon quotidien, cela représente 80% de mon temps et c’est bien sûr ce qui fait vivre l’association. La préparation des cours se fait en amont : le travail est différent en fonction des âges des élèves. Mais la partie non visible pour les adhérents, est la partie administrative : le suivi des adhérents, les inscriptions aux compétitions, l’organisation de stages, les réunions de plannings, la gestion des remplacements. Il s’agit principalement d’un suivi informatisé, qui est important car les collectivités nous demandent souvent un bilan et un suivi de nos activités. Il y a aussi un peu de prospection commerciale à faire auprès de mécènes privés, pour que le club puisse vivre (car peu de subventions) : je suis en quelque sorte un commercial de ma propre activité. Et parfois il y a aussi un aspect social : les échanges et les discussions que l’on peut avoir avec les parents, l’écoute des élèves. Je m’aperçois que les gens ont besoin et envie que l’on s’occupe d’eux. Cela fait 27 ans que je fais ce métier, et j’ai développé une méthode et une façon de faire particulière, avec beaucoup de relationnel, et l’envie de toujours faire découvrir de nouvelles choses.

3/ Quel a été votre parcours pour exercer le métier d’éducateur sportif ?

Je faisais d’autres arts martiaux à l’époque quand j’ai découvert le taekwondo (je suis de la génération des fans de Bruce Lee !) en parallèle de mes études. En deux ans et demi, j’ai passé ma ceinture noire, puis j’ai enchaîné sur 2 diplômes :

– Un brevet d’éducateur sportif

– Un DEJEPS pour pouvoir enseigner à l’Education Nationale

Ces deux diplômes permettent d’être rémunérés en tant qu’enseignant. J’ai passé 11 ans en équipe de France et j’ai même fait la préparation des Jeux Olympiques en 2000, mais ma catégorie n’a pas été sélectionnée. De 2001 à 2007, j’ai créé et dirigé un grand centre d’arts martiaux sur Ramonville – j’ai été patron d’une vraie entreprise à cette époque, nous avions plus de 600 adhérents.

4/ Faut-il une qualité ou un talent particulier pour exercer le métier d’éducateur sportif ?

L’art de la pédagogie : savoir transmettre les connaissances et également savoir exprimer ce qu’on ressent. Être un bon orateur, cela aide également. Et enfin, la confiance en soi – qui s’acquiert avec l’expérience. Parfois, pour les jeunes qui sont hésitants, je les pousse un peu à la compétition, même si ce n’est pas notre vision au club, mais cela permet de les aider et d’acquérir un peu de confiance en eux.

5/ Qu’est-ce qui fait que vous aimez votre métier ?

La transmission du savoir, peu importe ce que je transmets, j’aurais pu faire ce métier d’enseignant sur d’autres activités.

6/ Si vous aviez une chose à changer ?

Ce qui est un peu dommage, c’est le niveau du salaire. Malgré la passion et l‘énergie folle que l’on dépense, tout cet investissement ne suffit pas : on doit aussi se débrouiller pour aller prospecter, chercher de nouveaux adhérents, prévoir de nouvelles activités ou de nouveaux stages… Certains grands sportifs gagnent beaucoup mieux leur vie, mais ils ne sont pas nombreux.

7/ Une anecdote à nous raconter ?

Nous venions de terminer un exercice assez compliqué avec des 8-12 ans, beaucoup d’effort physique, et un petit garçon m’a dit : « Je crois que je viens de me faire une entorse aux abdominaux tellement j’ai mal ! ».

8/ Un conseil que vous aimeriez donner à un jeune qui veut faire le métier d’éducateur sportif ?

Passion et Patience : on ne peut pas y arriver autrement !