Passionné de langues étrangères, Serge est interprète de conférence

Chef de l’unité de l’interprétation française au Parlement européen, Serge Levenheck est surtout interprète de formation. Ce passionné des langues, des mots et de la sémantique, maîtrise de main de maître l’allemand, l’anglais, l’italien, l’espagnol et bien sûr le français.

 

En quoi consiste exactement votre métier ?

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C’est un travail de communication et de transposition orale d’un discours d’une langue, d’une culture, dans une autre. On interprète des idées, des raisonnements et il est donc essentiel de les transmettre dans le ton et la forme employés par celui qui parle.

Dans les grandes institutions internationales comme le parlement Européen, l’ONU, l’OTAN ou l’OCDE, l’interprète en cabine œuvre lors des négociations, débats ou conférences entre les différents participants, qu’ils soient des députés, des experts, des représentants des pays membres quel que soit le sujet abordé.

Il peut également suivre une personnalité politique pendant ses déplacements ou encore, notamment lorsqu’il est free-lance, intervenir sur des congrès, lors d’échanges commerciaux, associations et rencontres entre particuliers.

 

Quelles sont les compétences humaines et techniques requises pour l’exercer ?

On navigue en permanence d’un sujet à un autre. Il faut donc être extrêmement curieux, pour être capable de parler de tout. Lire tout ce qui ne nous intéresse pas forcément, savoir se former et s’enrichir en permanence et ce, durant toute sa carrière, connaître les enjeux du débat, acquérir le vocabulaire technique, sont indispensables dans ce métier, si l’on veut l’exercer avec rigueur et sérieux.

« Retranscrire fidèlement les propos d’une personne demande aussi d’être ouvert de nature et une certaine aptitude au côté théâtral de la profession. »

Sans oublier d’être en mesure de gérer le stress, inévitable quand on démarre dans le discours et que l’on ne sait pas où l’on va. Techniquement, c’est évident qu’il faut maîtriser parfaitement les langues étrangères.

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Comment êtes-vous arrivé dans ce domaine ? Et quelle formation avez-vous suivi ?

Dans ma famille, je suis le premier universitaire. J’ai toujours été excellent en langues, j’aimais voyager, passer un moment dans chaque pays afin d’apprendre couramment leur langue. Après un bac scientifique obtenu grâce à un 20 en allemand et en anglais, j’ai poursuivi deux ans en fac d’économie. Mais cela ne m’intéressait pas.

Et puis j’ai découvert cette profession dans un centre de documentation. Direction l’université de Genève où j’ai eu mon diplôme de traducteur à l’issu de quatre années d’études et enfin la Polytechnic of Central London en six mois pour le diplôme d’interprète de conférence.

Aujourd’hui il existe plusieurs formations publiques et privées en Europe, et donc en France, de niveau mastère, certaines donnant plus de garanties que d’autres en matière de débouchés professionnels.

« Ce sont en général des parcours longs, sélectifs et difficiles qui exigent ténacité, volonté et la maîtrise totale d’au moins deux langues étrangères. »

 

Quels sont, selon vous, les postes qui permettent d’évoluer dans sa carrière ?

On est en général interprète pendant toute sa carrière. Comme fonctionnaire dans une grande institution internationale, il est toutefois possible de gravir les échelons administratifs et d’évoluer au fil des années et de l’expérience acquise. En tant qu’interprète en free-lance, on est libre de faire ce que l’on veut, de se spécialiser dans un domaine précis et de multiplier les missions.

 

Est-ce une fonction qui vous amène à vous déplacer en France ou à l’étranger ?

Quand j’ai commencé, entre les commissions, les groupes politiques, les délégations et les missions d’observation aux élections en dehors de l’Union Européenne, toutes les semaines j’étais en déplacement. Les avions, les aéroports, les hôtels, j’en ai aujourd’hui fait le tour. Maintenant c’est moi qui suis chargé de veiller à la juste couverture linguistique des déplacements professionnels de mes collègues. Mais dans l’ensemble il y a assez de volontaires.

 

Pourquoi aimez-vous ce métier ?

Les discours et les sujets changent tout le temps. Je continue à jouer avec les mots et les phrases, j’apprécie toujours autant la sémantique et la lecture sous toutes ses formes…

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En début de carrière combien gagne-t-on en moyenne? Et le salaire est-il exponentiel ?

En tant que fonctionnaire dans une institution, on débute à 3 500 € net par mois et cela augmente régulièrement. La grille des salaires des fonctionnaires européens est publique, disponible sur internet.

Quant aux free-lances, cela dépend de leur charge de travail. Mais c’est un métier où l’on peut très bien gagner sa vie, à condition d’avoir le niveau requis et les langues porteuses.

 

Comment concilier au mieux vie professionnelle et vie privée?

Clairement c’est plutôt compliqué.

« Les horaires, les voyages et les missions fluctuent au fil de l’actualité, de la politique et du marché. »

On est souvent prévenu à la dernière minute et le rythme est totalement irrégulier. Pour mener les deux de front, surtout avec des enfants, il est indispensable de mettre en place une structure à domicile. Savoir aussi bien gérer son temps libre pour profiter des longs week-ends et des coupures en famille est important.

 

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