Lily-Alice, étudiante à Epitech et référente de l’association E-mma Toulouse, promeut la mixité dans l’informatique

Lily-Alice fait partie de la communauté #LesIntrépides, ces filles qui évoluent dans des secteurs qui manquent des talents féminins !

lily alice etudiante epitech association emma

Peux-tu nous raconter ton parcours ?

J’ai un parcours un peu atypique car j’ai fait un bac littéraire spécialité anglais parce que je suis de nationalité anglaise et que c’était un peu l’option facile. Je me suis rendue compte ensuite que ce n’était pas ce qui me plaisait, que les débouchés littéraires ne m’intéressaient pas.

Je voulais aller dans un secteur en fait en pleine expansion et l’informatique m’attirait. Lors d’un salon Infosup, j’ai été séduite par l’école d’informatique  Epitech et j’ai fait le choix d’y entrer, que je ne regrette pas du tout. Je suis très contente. Le secteur du numérique évolue sans cesse et je savais qu’il y aurait des débouchés si je prenais cette voie.

 

Y-a-t-il beaucoup de filles à Epitech ?

« Dans ma promotion de 3ème année, nous sommes 3 filles sur 100. »

C’est aussi un rythme de travail énorme, je peux travailler de 9h jusqu’à 1h du matin tous les jours, même en 3ème année, ce n’est pas pour tout le monde ! Certaines filles n’arrivent pas à s’intégrer et c’est pour cela qu’elles décident de partir.

 

Comment est organisé ton cursus à Epitech ?

En 1ère année, nous avons de l’immersion par le code, on va commencer par le langage C. Nous avons trois semaines intenses appelées « les périodes de piscine » où on va vraiment se plonger dans l’univers du code.

Ensuite, nous avons un mini projet qui valide ou pas notre année. Il faut qu’on ait 60 crédits à la fin de l’année. A la fin de la 1ère année et au début de la 2ème année, nous avons un stage de 6 mois à réaliser. J’ai fait le mien dans une startup qui s’appelle Buybox, spécialisée dans la carte cadeau électronique où ça s’est super bien passé. En 1ère année, j’ai eu un peu de mal à Epitech, je ne me sentais pas à ma place, c’était assez dur à vivre.

« Le stage m’a permis de me rendre compte que je n’étais pas si nulle, que j’avais des connaissances, des bases, et que j’avais tout simplement besoin d’être poussée, d’être accompagnée. »

Je suis revenue en 2ème année, on y apprend le langage C++, avec la piscine de 3 semaines intenses et j’ai tout déchiré ! Grâce au stage, je me suis sentie bien, mon maître de stage m’a dit qu’il fallait avoir confiance. D’ailleurs, je suis retournée en stage chez eux à temps partiel. J’y suis le jeudi et le vendredi actuellement, jusqu’en avril 2018. Ensuite, j’ai un stage à temps plein à réaliser jusqu’à fin août.

En 3ème année, nous étudions surtout le business, l’entrepreneuriat, du droit etc… ce n’est pas vraiment du code, cela se rapproche de la vie professionnelle. La 4ème année se fait à l’étranger et en fonction de l’endroit où j’irai, je pourrai faire un stage de 6 mois. Nous faisons beaucoup de stages mais c’est ce qui consolide nos connaissances.

lily alice

As-tu une idée de ce que tu voudrais faire après Epitech ?

Il me reste donc ma 4ème année à l’étranger, ma 5ème année avec le stage de fin d’études.

« J’aime bien être le leader, donner des idées, des directives, aider, guider, donc je vise plutôt un poste de chef de projet informatique. L’association E-mma Toulouse m’a permis cela par exemple. »

 

Comment est née l’association E-mma ? Quel est son but ?

C’est une association qui a commencé à Epitech Paris. Il y a des Epitech dans chaque grande ville de France, 12 en tout. Dès que je suis arrivée en 1ère année à Epitech Toulouse, j’ai voulu soit en faire partie soit créer la même chose à Toulouse.

J’ai été en contact avec la Présidente de Paris qui s’appelle Dipty Chander et j’ai été prise en tant que membre parce qu’en 1ère année, je n’avais pas de résultats assez bien pour être présidente à Toulouse. A partir de la deuxième année, on a voté pour moi pour que je sois la référente de l’association E-mma Toulouse.

C’est une expérience qui ne s’arrête pas. On a toujours des choses à organiser, on a des contacts, des partenariats avec Google, Microsoft. On fait souvent des événements dans des collèges, dans des lycées, sur les stands ou les forums.

 

Quel type d’ateliers proposez-vous ?

On a pu proposer des sessions de code, avec l’aide d’un groupe de travail de notre école qui s’appelle le Coding Club mais aussi avec une équipe E-mma IT.

 

Que faites-vous pour sensibiliser les filles au numérique ?

« Notre association vise à aider les filles et à les intégrer mais on prône avant tout la mixité. Certaines filles me disent qu’elles ont peur de se lancer dans l’informatique parce qu’il y a que des garçons ou leurs parents leur disent que l’informatique, c’est réservé aux garçons. »

Je leur explique que ma mère m’a dit la même chose et pourtant je suis là à étudier l’informatique en 3ème année, en sachant qu’à la fin de 2ème année, j’ai fini avec le plus de crédits de ma promotion ! Depuis que j’ai rejoint E-mma, je remarque que c’est en train de se développer, qu’on reçoit plus de filles en 1ère année. Il y en a 10, soit 10% de la promotion, normalement, on est sur 3%. Les filles commencent à se sentir mieux et traînent même ensemble, je n’avais jamais vu cela avant.

 

Qu’en pensent tes parents ?

Ils n’ont pas vraiment changé d’avis, ils ne comprennent pas vraiment mon choix d’étudier l’informatique. Par contre, mes grands-parents me soutiennent énormément. Mon papi était éditeur de télévision, à son époque, c’était déjà quelque chose de nouveau et ma grand-mère est tout le temps sur son Ipad, elle adore les nouvelles technologies !

C’est eux qui viennent quand il y a un événement où quand il faut faire des choix pour la 4ème année, qui viendront à la fin de l’année quand j’aurais mon bachelor. Ils voient comment je me suis développée en tant que personne depuis que je suis à Epitech, les connaissances acquises lors de mon cursus.

 

Qu’as-tu fait pendant ton stage ?

Lors de mon stage de 1ère année, j’ai fait deux applications mobile, une pour IOS et une pour Android. C’était un site project qui était un réseau social qui s’appelait Wish and box. J’ai fait aussi du back end, j’ai trié la base de données, faire en sorte qu’elle réagisse avec l’application. Par exemple, si je vais sur un site marchand comme Sephora, s’il y a un rouge à lèvres qui me plait, je vais grâce à un widget l’intégrer dans l’un de mes carnets, que je vais partager avec mes amis.

Cette année, je suis sur un vrai projet, qu’ils vont exploiter, qui consiste en l’amélioration de l’algorithme de la fraude de la carte cadeau pour leurs clients type Sephora, Galeries Lafayette, etc. J’essaie d’améliorer le système avec du maching learning.

 

Quel conseil donnerais-tu à une fille qui voudrait rentrer à Epitech et faire développeuse ?

Je l’invite à se lancer ! Cela peut faire peur parce qu’Epitech est une école privée donc payante. Si elle a la possibilité de faire un prêt étudiant, et si cela lui plaît, je lui dirai de foncer ! C’est un choix que je ne regrette pas et pourtant j’ai eu des doutes, je me suis posée le soir en pleurs en me disant qu’est-ce que je fais ? Avec le recul, Epitech et E-mma m’offrent de nombreuses opportunités et des contacts.

 

Quelle est la place des filles dans le numérique ? Vers quels métiers vont-elle se tourner ?

Je ne peux pas savoir si certaines vont aller plutôt vers du design ou d’autres des jeux vidéo, de la cybersécurité, ou vont même devenir hackeuses, etc… Certaines se cherchent encore un peu, elles ne savent pas dans quel domaine du numérique elles voudraient aller. Je pense que c’est propre à chacune, cela dépend de la personnalité.

 

Quand tu vas à la rencontre des filles dans les collèges et lycées, quelle est leur réaction quand tu leur parle d’informatique ?

Je parle surtout du code car c’est ce que nous faisons à Epitech, elles ont un peu peur. Si j’ouvre un gestionnaire de fichiers en ligne de codes, elles me demandent ce que c’est, ça sort d’où ?

«Il faut ouvrir les portes à tout le monde et montrer aux filles en quoi cela consiste.»

 

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