Margaux est avocate pénaliste « Le côté challenge est passionnant, les enjeux humains sont très forts »

Margaux Van Der Have, 26 ans, vient tout juste de prêter serment. Après huit années d’études, de nombreux stages en cabinet, la voilà prête à se lancer à l’assaut des tribunaux. Passionnée, déterminée, elle sait que le chemin pour réussir est encore long. Mais elle y croit.

En quoi consiste exactement votre métier ? Et quels sont les délits et affaires que vous rencontrez le plus souvent ?

Quelle que soit sa spécialité, un avocat est un technicien du droit. Il doit savoir analyser, comprendre et tirer les conclusions d’un dossier concernant son client, dont il défend les intérêts.

En matière pénale, il est souvent le dernier porte-parole d’une personne qui n’en a plus. Il a aussi et surtout un rôle d’accompagnement, dès le premier rendez-vous ou la garde à vue, pendant toute l’instruction et le procès, puis après la condamnation dans l’exécution de la peine.

Infractions financières, vols en tous genres, violences aggravées, agressions sexuelles, crimes, ce sont toujours des dossiers qui, humainement, peuvent être très difficiles. Que l’on soit du côté de la partie civile ou de la défense.

 

 

Quelles sont les compétences humaines et « techniques » requises pour l’exercer ?

« Quand on prête serment, on s’engage à exercer ses fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité. »

Des valeurs représentant assez bien l’ensemble de la profession et qui doivent, à fortiori, nous correspondre personnellement.
Etre volontaire et intègre, tenir son projet de défense jusqu’au bout sont, à mon avis, des qualités indispensables. Notamment aux assises, où chaque procès est le théâtre d’un combat. Dans cette arène, il faut avoir les tripes et la carrure pour garder le cap, sans faillir.
Techniquement c’est un bon juriste qui maîtrise la procédure pénale et s’assure que les droits de son client sont respectés et appliqués. Mais pas seulement. Il doit également garder une forme de transversalité, c’est à dire connaître aussi les autres spécialités du droit (civil, commercial…), pour être capable de gérer un contentieux annexe qui gravite autour du pénal dans l’affaire concernée.

 

Comment êtes-vous arrivée dans ce domaine ? Quelle formation avez-vous suivi ?

J’ai choisi le droit pour passer le concours de l’école du Louvre et m’orienter ensuite vers une carrière de commissaire-priseur. C’est en deuxième année que j’ai découvert le pénal. Un intérêt qui s’est cristallisé en Master II droit privé et sciences criminelles. Ensuite j’ai passé un an comme assistante de justice au tribunal de grande instance pour porter un regard croisé sur les professions d’avocat et de magistrat, ces deux acteurs principaux que l’on rencontre dans les tribunaux. J’ai été chargée de TD à la fac, tout en donnant en parallèle des cours d’anglais en prison via Genepi. C’est une association estudiantine qui souhaite décloisonner les institutions carcérales et sensibiliser le public.
Après cette année, j’ai passé le barreau, suivi un an et demi de formation théorique et pratique et obtenu le CAPA (Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat) fin 2017.

 

Pourquoi avoir choisi le droit pénal ?

« C’est intense, le côté challenge est passionnant. Les enjeux humains sont très forts et l’avocat pénaliste a souvent la vie de son client entre ses mains. »

 

Dans cet univers qu’est-ce qui permet d’évoluer dans sa carrière ?

L’avocat a une liberté d’installation et de spécialisation. Il peut changer de cabinet, s’associer, ou encore s’orienter vers d’autres fonctions. Tout au long de sa carrière, il bénéficie de passerelles pour devenir magistrat.

 

Est-ce une fonction qui vous amène à vous déplacer en France ou à l’étranger ?

C’est en effet un domaine qui demande une certaine forme de mobilité. On peut être amené à plaider en province, dans les territoires d’Outre-Mer ou à l’étranger. Quoi qu’il en soit, on ne reste pas assis toute la journée derrière son bureau. Les va-et-vient entre le cabinet, les tribunaux et les prisons font partie de notre quotidien.

 

En début de carrière combien gagne-t-on en moyenne? Et le salaire est-il exponentiel ?

En droit pénal, quand on commence, il faut d’abord trouver une collaboration car, faute d’expérience, nous n’avons pas de clients. Idéalement, pour un poste à plein temps, l’UJA (Union des Jeunes Avocats), avance la rétrocession de 3800 € mensuel. Mais c’est hors taxe et il faut enlever environ 40 à 50% de retenues.

« L’avocat associé ou indépendant voit une évolution de ses revenus liée principalement au nombre de dossiers qui lui seront confiés. »

Mais ce n’est pas au pénal que l’on gagne forcément beaucoup d’argent. Le droit pénal des affaires, plus connu sous le nom de la « criminalité en col blanc », peut être plus lucratif.

 

Comment concilier au mieux vie professionnelle et vie privée ?

C’est bien sûr propre à chacun et tout dépend de ses priorités. Mais si l’on veut réussir et percer un petit peu, il va falloir travailler d’arrache-pied pendant des années.

 

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