Trouver une alternance est aujourd’hui plus difficile qu’il y a quelques années. Pour de nombreux jeunes, cette recherche devient une véritable source de stress, voire de découragement. En tant que mentor, vous ne pourrez pas toujours ouvrir une porte ou obtenir un entretien pour votre mentoré. En revanche, vous pouvez lui apporter une méthode, un regard extérieur, des conseils concrets et, surtout, un soutien précieux dans cette période parfois éprouvante.
Cette ressource a pour objectif de vous donner quelques repères pour accompagner efficacement un mentoré confronté à des difficultés dans sa recherche d’alternance.
Comprendre le contexte : un marché plus exigeant
Un contexte moins favorable
Le marché de l’alternance a fortement évolué ces dernières années. Après plusieurs années de croissance soutenue, il connaît aujourd’hui un ralentissement. Les aides accordées aux entreprises pour recruter un alternant ont été revues à la baisse, passant de 6 000 € à 5 000 €, voire 2 000 € selon la taille de l’entreprise et le niveau de diplôme préparé. Dans le même temps, le nombre de nouveaux contrats d’alternance a reculé d’environ 5 % après plusieurs années de hausse.
Dans ce contexte, certaines entreprises recrutent moins, d’autres sont devenues plus sélectives et la concurrence entre candidats s’est renforcée, notamment dans des secteurs très attractifs comme l’informatique, le conseil, la finance ou la communication. Il n’est plus rare qu’une seule offre d’alternance reçoive plusieurs centaines de candidatures.
Déculpabiliser le mentoré
Face à cette situation, il est essentiel d’aider votre mentoré à prendre du recul.
Chez JobIRL, nous accompagnons régulièrement des jeunes disposant d’un excellent dossier scolaire, d’un CV de qualité et ayant envoyé plus de 200 candidatures sans obtenir de réponse positive. D’autres multiplient les entretiens sans parvenir à décrocher un contrat.
Ne pas trouver d’alternance ne signifie donc pas manquer de compétences ou de motivation. Ce rappel peut paraître évident, mais il est souvent indispensable pour éviter que le jeune ne perde confiance ou n’abandonne ses démarches.
Aider le mentoré à optimiser sa recherche
Avant de conseiller à votre mentoré d’envoyer davantage de candidatures, prenez le temps d’analyser sa stratégie actuelle. Les candidatures sont-elles ciblées ? Le CV est-il adapté aux postes recherchés ? Les lettres de motivation sont-elles personnalisées ? Le jeune relance-t-il les entreprises après un entretien ou une candidature ? Quelques ajustements peuvent parfois améliorer significativement les résultats.
Le CV reste le premier élément évalué par un recruteur. Il doit mettre en avant les compétences du jeune, même lorsqu’elles ont été acquises dans le cadre d’un projet scolaire, d’une activité associative ou d’un emploi étudiant. Invitez votre mentoré à expliquer ce qu’il a concrètement réalisé et les compétences développées, plutôt que de simplement lister ses expériences. Pour les candidatures auprès de grands groupes, il est également recommandé d’utiliser un CV sobre, compatible avec les logiciels de tri automatique (ATS). Les modèles Word ou CVDesignR sont généralement préférables aux modèles très graphiques réalisés sur Canva.
La lettre de motivation, lorsqu’elle est demandée, gagne à être personnalisée. Une structure simple fonctionne souvent très bien : expliquer pourquoi l’entreprise intéresse le candidat, présenter son parcours puis montrer ce qu’il peut apporter. Aussi, prenez quelques minutes pour consulter le profil LinkedIn de votre mentoré. Vérifiez qu’il est complet, cohérent avec son CV et qu’il présente clairement son projet professionnel.
Les simulations d’entretien constituent un excellent exercice. Elles permettent au mentoré de prendre confiance, d’améliorer sa présentation et d’anticiper les questions les plus fréquentes. Ne négligez pas les simulations en visioconférence : aujourd’hui, de nombreuses entreprises réalisent un premier entretien à distance afin de présélectionner les candidats avant un éventuel échange en présentiel. Un entretien en visio est donc une étape à part entière du processus de recrutement et mérite d’être préparé avec autant de sérieux. Après chaque entretien réel, prenez également le temps d’échanger avec votre mentoré afin d’identifier ce qui s’est bien passé et les points à améliorer.
Encourager une recherche plus proactive
Beaucoup de jeunes concentrent leurs recherches sur les plateformes d’offres d’emploi. Pourtant, une partie des opportunités passe par le réseau.
Encouragez votre mentoré à contacter des recruteurs ou des collaborateurs sur LinkedIn, à envoyer des demandes de connexion personnalisées, à suivre les entreprises qui l’intéressent et à interagir avec leurs publications. Un message demandant un conseil est souvent mieux accueilli qu’une simple demande d’emploi. Vous pouvez également lui proposer de publier un post LinkedIn présentant sa recherche d’alternance. En tant que mentor, relayer cette publication auprès de votre propre réseau peut considérablement augmenter sa visibilité. Aussi, n’oubliez pas de mobiliser toutes les ressources disponibles : anciens élèves, enseignants, proches, entreprises partenaires de l’école ou encore anciens lieux de stage.
Les salons, forums et événements de networking constituent également de véritables opportunités. Encouragez votre mentoré à préparer un court pitch de présentation, à aller spontanément vers les recruteurs et à demander leurs coordonnées afin de reprendre contact après l’événement. Beaucoup de jeunes repartent d’un salon avec quelques brochures, sans avoir réellement échangé avec les entreprises présentes. Votre accompagnement peut faire la différence sur ce point.
Enfin, sensibilisez votre mentoré au calendrier des recrutements. Durant la période estivale, de nombreuses entreprises privées ralentissent leurs recrutements ou suspendent temporairement les entretiens en raison des congés. À l’inverse, certaines collectivités territoriales (communes, intercommunalités, départements, régions…) ainsi que certains établissements publics continuent de publier des offres tout au long de l’été. Cette période peut donc être l’occasion de diversifier ses candidatures plutôt que de mettre sa recherche entre parenthèses.
Ouvrir le champ des possibles
Envisager une mobilité géographique
La mobilité représente parfois un frein important, notamment pour des raisons financières. Pourtant, plusieurs dispositifs existent pour accompagner les jeunes.
Action Logement propose par exemple Mobili-Jeune, une aide destinée à prendre en charge une partie du loyer des alternants du secteur privé. Le dispositif Visale facilite quant à lui l’accès au logement en se portant garant auprès du propriétaire. Selon sa situation, votre mentoré peut également bénéficier des APL versées par la CAF ou être accompagné par sa Mission Locale, son établissement de formation ou France Travail pour identifier d’autres aides à la mobilité, au transport ou à l’installation.
L’objectif n’est pas de convaincre systématiquement le jeune de déménager, mais de lui rappeler que cette possibilité existe et qu’elle est parfois plus accessible qu’il ne l’imagine.
Au-delà des opportunités professionnelles, une mobilité géographique peut également constituer une expérience enrichissante sur le plan personnel. Vivre dans une nouvelle ville permet souvent de gagner en autonomie, de développer son réseau professionnel, de découvrir un nouvel environnement de travail et de renforcer sa capacité d’adaptation. Bien entendu, cette option dépend de la situation personnelle de chaque jeune, mais elle mérite parfois d’être envisagée lorsqu’elle peut ouvrir davantage de perspectives.
Élargir les métiers ou les secteurs visés
Il peut également être pertinent d’encourager votre mentoré à élargir le périmètre de sa recherche. Certains jeunes ciblent exclusivement un poste ou un secteur très précis, ce qui réduit considérablement le nombre d’opportunités. Sans renoncer à leur projet professionnel, ils peuvent identifier des métiers proches de leur objectif initial ou explorer des secteurs qui recrutent davantage. Cette première expérience leur permettra de développer des compétences transférables, d’enrichir leur CV et, dans de nombreux cas, de se rapprocher progressivement du métier qu’ils souhaitent exercer. Il est important de rappeler que le premier poste ne détermine pas toute une carrière : il constitue souvent une première étape vers le projet professionnel visé.
Préparer un plan B
Lorsqu’une recherche dure plusieurs mois, il est important que le jeune continue de progresser. Des plateformes comme Coursera, FUN MOOC ou OpenClassrooms proposent de nombreuses formations permettant d’acquérir de nouvelles compétences ou d’obtenir de courtes certifications. Dans un marché plus concurrentiel, ces éléments peuvent renforcer un CV et montrer que le candidat reste actif.
Malgré tous les efforts engagés, certains jeunes ne trouveront pas d’alternance cette année. Il est alors important de réfléchir avec eux à d’autres solutions : poursuivre leurs études en formation initiale (en étant attentif au coût de la scolarité), effectuer un Service Civique, réaliser une expérience associative ou accepter un emploi temporaire permettant d’acquérir de nouvelles compétences et de préparer une nouvelle campagne de recherche.
Le rôle essentiel du mentor : maintenir la motivation
Votre plus grande valeur ajoutée ne réside pas uniquement dans vos conseils techniques.
Lorsque les refus s’accumulent, un simple message pour prendre des nouvelles, un échange téléphonique ou quelques mots d’encouragement peuvent avoir un impact considérable. Aidez votre mentoré à conserver un rythme de recherche réaliste, valorisez les progrès réalisés et rappelez-lui que chaque entretien, chaque nouvelle compétence acquise ou chaque contact développé constitue déjà une avancée.
Le mentorat, c’est aussi permettre à un jeune de ne pas traverser seul une période difficile.
En conclusion
Chez JobIRL, nous avons accompagné de nombreux jeunes qui ont connu plusieurs mois de recherche sans succès. Certains ont finalement trouvé une alternance après une longue période de persévérance. D’autres ont rebondi grâce à un Service Civique, une reprise d’études ou une première expérience professionnelle qui leur a ouvert de nouvelles perspectives. Le parcours n’est pas toujours linéaire, mais il est rarement figé.
En tant que mentor, vous n’êtes pas uniquement là pour aider votre mentoré à trouver une alternance. Vous l’aidez à développer sa méthode, à élargir ses horizons, à prendre confiance en lui et à continuer d’avancer malgré les difficultés. C’est souvent cette présence, plus encore que les conseils eux-mêmes, qui laisse une empreinte durable.







