Entrepreneure hors pair, Sandra Legel, a fondé BIOM, et créé « bbb La Brosse » pas comme les autres ! Voici ses conseils pour réussir !

Sandra Legel, hollandaise, est arrivée en France à l’âge de 21 ans, cela fait un peu plus de 27 ans qu’elle y vit. Elle savait depuis toujours qu’elle voulait être entrepreneure. Découvre son parcours :

Ton parcours en quelques mots ?

Il y a 27 ans, il était impossible de continuer mes études à Paris, pas de programme Erasmus, pas d’Europe, pas de partenariat entre ma faculté et une faculté parisienne, et je ne parlais pas assez bien le français. Carte de séjour en main j’ai occupé différents postes, notamment hôtesse d’accueil pour des salons, Office Manager, Facility Manager, Responsable achats Europe pour la société Packard Bell NEC, directrice adjointe etc. Le fait de parler et d’écrire plusieurs langues (anglais, allemand, néerlandais ) a toujours eu un impact positif dans ma vie professionnelle.

J’ai touché à tout en fait et j’ai toujours su que je voulais être entrepreneure.

Puis, j’ai monté ma première société qui s’appelait La Boîte à Délices. J’avais, entre autre, un contrat cadre pour toute la France avec le groupe Carrefour.  Enceinte de mon troisième enfant, j’ai décidé d’arrêter parce que cela ne correspondait plus vraiment à ce que je souhaitais faire. J’avais une envie de contribuer à la construction du monde de demain.

J’ai continué à travailler, en sachant que j’allais remonter une autre société qui allait avoir du sens. A l’époque, j’avais un stock de têtes de brosse achetées un peu partout parce que je n’étais pas très fidèle à une marque. Je me suis demandée ce que j’allais faire avec tout cela. Je voulais commander une brosse qui resterai toujours propre, fabriquée non pas en Asie mais au moins en Europe. J’ai commandé toutes les brosses qui existent dans le monde. Des copains m’ont envoyée des brosses des Etats-Unis. Là-bas, ils font des brosses incroyables mais en terme d’impact environnemental c’est une catastrophe et en terme de propreté, ce n’était pas ça non plus. Je me suis ensuite intéressée à tous les autres objets qui m’entouraient et leur design, en me demandant pourquoi on avait conçu tel objet de cette manière-là. Le design de grand nombre de produits du quotidien n’a pas été remis en cause. Je pensais qu’il était temps. Et commencer avec un balai brosse, quoi de mieux pour s’adresser à chacun d’entre nous ? Nous en possédons tous, au moins un à la maison. Qui ne connaît pas l’objet ?

J’ai tout remis en question pour voir comment les améliorer, j’ai créé un concept global d’innovation, parce que pour innover, il y a des codes à casser. Je suis partie du besoin.

C’est comme avec le nouveau bouchon des bouteilles d’eau Cristalline, au départ, je me suis dit, c’est peu pratique puis au final, c’est super pratique. Dès qu’il y a de l’innovation, il faut toujours un petit temps d’adaptation. Avec ‘bbb La Brosse’, c’est un peu pareil, c’est un autre geste qu’il faut avoir, et c’est pour cela que c’est important d’expliquer aux clients comment il faut s’en servir.

Il a fallu résoudre des problématiques, comme celle des gouttes qui tombent au sol, ou sur la lunette après avoir nettoyé la cuvette. On s’est inspiré d’une feuille, une feuille possède des nervures pour faciliter l’écoulement d’eau vers la pointe. Le résultat ? 0 goutte.

Aussi, grâce à l’étude d’éco-conception, nous avons pu déterminer les axes importants à améliorer, comme le poids, les matières utilisées, la durabilité, les produits ménagers à utiliser avec. Puis, ‘bbb La Brosse’ est le seul balai brosse éco-conçu au monde et en plus, fabriqué en France, à Bouttencourt dans les Hauts de France. C’est vrai que cela donne du sens et cela montre que c’est possible.

Nous sommes une jeune société et donc encore fragile, pas de moyens financiers importants pour faire de la pub, donc nous faisons au mieux pour qu’une personne qui achète notre produit, devienne un « consumer actor ». Je suis persuadée que c’est tous ensemble que nous allons pouvoir créer un nouveau monde, plus responsable et durable.

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Qui sont tes clients ?

Nous avons des clients via notre site internet et les sites partenaires, comme Greenweez, HomeBain, ManoMano, nous vendons aussi nos produits + personnalisation + accessoires aux hôtels et entreprises.

Mais bien sûr nous sommes présents au BHV, rayon droguerie, à l’Appartement Français à Paris, dans des boutiques comme ‘Le Comptoir Français’ en Auvergne, La Malinerie à Charleville-Mézières, www.poulettestore.com à Melun, le Village des talents créatifs à Puget sur Argens, Bazar Avenue dans l’Ouest de la France, chez Olivier de TAPIOCA à Lannion, « Georgette se la pète’ à La Réunion, dans la boutique du camping « Cévennes-Provence » www.campingcp.com etc … Puis dans des enseignes bio et quelques grandes surfaces. Et nous réalisons parfois des ventes privées avec Westwing, The Cool Républic et NOOVA. Et en 2020, nous serons à nouveau à La Foire de Paris ! Un événement intense et riche, des rencontres avec le public, des partenaires et les co-exposants. J’ai déjà hâte ! Mais avant, il y aura le salon du Made in France, cette année sur 4 jours, un salon incontournable où nous serons évidemment présents aussi !

3 mots pour décrire ton parcours d’entrepreneure ?

Persévérance, croyance et partage.

Y-a-t-il des choses qui ont pu te bloquer ? Qu’as-tu réussi à surmonter depuis 3 ans ?

Oui, bien sûr. J’ai eu un refus quand j’ai présenté mon dossier au départ pour une subvention. Ce refus a été un booster, c’était une personne qui avait dit non, d’ailleurs non pas au projet, mais un non, au balai brosse, trop tabou, puis un autre non, parce que je voulais m’attaquer à d’autres produits…

Je me suis donc présentée après cet échec à l’incubateur de Paris Pionnières, WILLA aujourd’hui. J’ai pitché de la même manière, le même projet. Et là, à ma grande surprise, j’ai été applaudie et soutenue tout de suite par toute une équipe. C’est le facteur humain qui décide si oui ou non un projet va réussir. WILLA a permis au projet de mûrir et de se préparer au mieux pour la phase de commercialisation.

 

Quels conseils donnerais-tu à un(e) jeune entrepreneur(e) ?

J’aurais aimé connaître toutes les possibilités de financement, parce que je suis passée à côtés de certaines aides car je ne m’étais pas suffisamment informée.

Dès le départ, il faut challenger son idée, je vois encore trop d’entrepreneur(e)s qui me disent qu’ils ont une idée géniale mais qu’ils ne peuvent pas en parler. En général, cela signifie qu’il n’y a rien de concret. La peur ne fait pas avancer et nous fait perdre du temps précieux. Une bonne idée n’est rien sans une bonne exécution, disent beaucoup d’entrepreneurs. J’adhère totalement.  Il faut dépasser ce stade-là, les questions du brevet etc… Il faut aller à la rencontre d’entrepreneur(e)s qui ont créé eux-mêmes leur société. Pour ma part, j’ai pris contact sur LinkedIn avec des startupers, des dirigeants de grandes sociétés, j’étais acceptée de partout. Parfois on trouvait mon projet utile, pertinent, parfois amusant. Et c’est ça que j’étais venu chercher, des avis différents qui m’ont aidé à progresser mieux et plus vite. Aujourd’hui, des porteurs de projet et entrepreneurs me posent des questions, je leur réponds toujours car on m’a ouvert les portes aussi à un moment donné.

Puis, poser sa vision, c’est vrai, cela prend du temps, mais c’est tellement important pour avancer dans la bonne direction. C’est un de mes associés qui m’a demandé de travailler dessus. La vision de Biom Paris est toujours la même depuis que je l’ai posée, il y a 3 ans.

Ah oui, dernière chose, toujours avoir le smile !

 

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