« Si j’avais su à la sortie du bac à quel point le métier de développeur pouvait être intéressant, je me serai peut-être orientée vers ce métier. » Noushka est product owner

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Peux-tu expliquer aux filles en quoi consiste ton métier de product owner ?

J’ai tendance à traduire ce métier en français par « chef de projet ». Je suis l’interface entre les clients qui veulent un site internet et les développeurs. Nos clients sont des chaînes de camping ou des fédérations départementales ou régionales qui font appel à nous car elles ont besoin d’un site internet. J’étudie avec eux quelles fonctionnalités ils souhaitent avoir sur leur site internet, l’image qu’ils veulent donner.

Ensuite, en fonction des connaissances que j’ai de notre système et des projets sur lesquels nous avons déjà travaillé, je peux leur indiquer ce qui va prendre le plus de temps et ce qui n’est pas possible à court terme. Une fois que j’ai défini toutes les fonctionnalités voulues par le client, j’en parle aux développeurs afin qu’ils me fassent aussi leur retour.

Je n’ai pas du tout fait d’études de développement donc il faut toujours l’appui d’un développeur. En fonction de leur proposition, je reprends contact avec le client pour lui expliquer ce qui va être possible ou pas et quels sont les compromis que nous pouvons trouver.

 

As-tu une journée type de product owner ?

Oui, plus ou moins. Je me réunis tous les jours à 9h30 avec l’équipe de développeurs et nous faisons un daily scrum de 10 min. Les développeurs m’expliquent ce qu’ils ont créé la veille, ce qu’ils ont prévu de faire aujourd’hui et quelles sont les difficultés rencontrées pour essayer de trouver une solution ensemble. Nous suivons la méthodologie scrum agile qui nous fait travailler de cette façon. Si les développeurs doivent voir des choses avec moi, on peut s’isoler en salle de réunion pour essayer de faire un brainstorming technique.

« Ensuite, je dois valider toutes les tâches validées par les développeurs d’un point de vue fonctionnel. C’est à moi de vérifier qu’ils ont respecté les fonctionnalités demandées par le client. »

Nous travaillons avec un outil qui comprend la liste des fonctionnalités à développer sur l’itération en cours. Dès que les développeurs ont terminé une fonctionnalité, je vérifie si elle respecte les critères demandés par le client ou par une personne en interne. Je prépare aussi la prochaine itération, en sachant qu’elle dure 3 semaines, il faut qu’il y ait à la fin de nouvelles choses à développer.

 

Quel a été ton parcours pour arriver au métier de product owner ?

J’étais dans un lycée général en ZEP (Zone d’Education Prioritaire), en ES, en Lot-et-Garonne. J’ai passé un DUT TC (Techniques de commercialisation) à Toulouse. Je suis partie ensuite en année Erasmus au Danemark pendant un an pour valider un DUETE. En rentrant, j’ai validé un Master 1 en alternance en marketing et innovation et un Master 2 en marketing et communication.

J’ai travaillé pendant ces deux années d’alternance chez Thales Avionique. Ils fournissent notamment les cockpits pour les avions A320. A la fin du master, Thales n’embauchait pas.

« Je cherchais plutôt une petite structure à l’époque, je suis rentrée en juillet 2015 chez www.ctouvert.com  juste après avoir terminé mes études. Au départ, nous étions 50, nous sommes 70 aujourd’hui. »

Je travaille au sein du service production en tant que chef de projet/product owner, et mes collègues s’occupent de l’animation BtoC sur les outils qu’on développe. Il y a un scrummaster qui fait partie de l’équipe de développement, c’est le facilitateur de l’équipe. Sinon, il y a quatre équipes de développement au sein de l’entreprise.

 

Quelles qualités faut-il pour exercer ton métier de product owner ?

Il faut avoir une certaine curiosité technique. Quand il y a quelque chose qu’on voudrait mettre en place mais qui n’est pas possible, c’est bien de comprendre pourquoi. Le product owner doit avoir des qualités humaines, relationnelles pour parler avec les clients qui sont parfois très exigeants car ils déboursent des sommes importantes.

Il doit être aussi autonome, savoir travailler en amont, c’est-à-dire que pendant 3 semaines, il faut être organisé pour que tout soit prêt pour le prochain sprint. Il faut que les développeurs aient de quoi travailler. Il doit savoir relativiser sur ce qui est important et prioriser. Il faut donc un minimum de compétences d’autorité.

 

Pourquoi aimes-tu ton métier aujourd’hui ?

Je fais des choses très variées au quotidien, j’ai parlé du rôle de product owner qui représente 60% de mon travail. En fait, en parallèle, je suis aussi responsable de grands comptes qui développent de leur côté des sites internet et je les guide. C’est un peu technique. Je fais aussi de l’Adwords, un peu d’animation BtoC pour le marché néerlandais (contenu, newsletter, réseaux sociaux).

 

Quel conseil donnerais-tu aujourd’hui à une fille qui veut faire ton métier ?

« Sur les quatre product owner de l’entreprise, il y a quatre femmes et sur les 25 développeurs, il y a aussi quatre femmes. »

Il y a beaucoup de femmes dans l’entreprise, notamment dans le service hotline qui est en relation avec les campings, le service commercial, le service comptabilité, et le service production marketing qui est mixte. C’est important d’obtenir un diplôme dans le web mais il faut surtout être curieuse, être autodidacte, c’est ce qui va faire la différence.

 

Quelle est la place des filles aujourd’hui dans ton secteur, le numérique ?

Mon métier peut être exercé par des hommes et des femmes. Comme il s’agit d’un métier relativement nouveau, personne n’en a connaissance.

« Si j’avais su à la sortie du bac à quel point le métier de développeur pouvait être intéressant, je me serai peut-être orientée vers ce métier. Il y a un problème d’information auprès des jeunes filles. »

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