Blockchain – Interview exclusive – Entrepreneure et CEO de Blockchain Partner, Claire Balva, 25 ans, vous dit tout sur la blockchain

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Claire Balva a cofondé Blockchain Partner en 2015, une startup qui a déjà généré 1 million d’euros de chiffre d’affaire en 2017. Elle vous explique ce qu’est la blockchain et son métier d’entrepreneure et de CEO.

Qu’est-ce que la blockchain ?

Il s’agit d’un ensemble de technologies très prometteuses qui permettent de s’échanger de la valeur sur internet sans intermédiaire. On pouvait déjà s’envoyer de l’information, des emails par exemple mais pour tout ce qui concerne les valeurs monétaires, on avait essentiellement recourt à des intermédiaires comme les banques.

Que signifie CEO et quel est ce nouveau métier ?

C’est l’équivalent en anglais de « dirigeant d’entreprise », le métier de CEO varie beaucoup en fonction de la taille de l’entreprise. Quand on est trois ou quatre, on est entre associés donc on fait un peu de tout c’est-à-dire du commercial, on construit un produit, une offre. Et plus la société grandit et plus on va faire du management, avoir des missions de recrutement, de la structuration de process au sein de l’entreprise, de la représentation aussi en conférence etc… Et pour des entreprises de plusieurs milliers de personnes, c’est encore différent.

Quelques mots sur Blockchain Partner ?

Chez Blockchain Partner, nous sommes 18 salariés aujourd’hui et nous proposons des services aux entreprises. C’est à la fois du consulting et du développement technique. On a des équipes constituées de consultants et de développeurs qui réalisent des prestations. Nos clients sont de grandes entreprises notamment du CAC40 qui viennent nous voir avec des interrogations et des besoins sur la blockchain tels que : « Nous aimerions mieux comprendre cette technologie, nous aimerions développer une application avec la blockchain, comment faire ?  » Et nous essayons de répondre au mieux à ce besoin-là.

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Comment êtes-vous arrivée dans la blockchain et quelle formation avez-vous suivi ?

J’ai fait une école de commerce, l’ESCP à Paris. Au départ, j’ai fait 2 ans de prépa après le bac au Lycée Du Parc à Lyon. Ensuite, j’ai choisi une spécialisation en stratégie et en entrepreneuriat à l’ ESCP, et j’ai décidé de lancer ma startup juste après avoir terminé mes études. Jusqu’à ma dernière année, je ne pensais pas que j’allais monter mon entreprise, ce n’était pas du tout un rêve, en plus c’était beaucoup moins à la mode à l’époque. Je ne savais pas trop ce que je voulais faire, j’aimais bien les mathématiques, l’histoire et les langues étrangères. J’avais regardé quelles étaient les filières qui proposaient ces matières-là. Il y avait des prépas commerce donc je me suis dirigée vers cela. Mais je savais que j’avais envie de travailler avec des gens, d’être assez autonome dans mon travail et que j’avais envie d’avoir des responsabilités rapidement. L’idée a commencé à germer quand j’ai fait un stage dans une startup et elle s’est affinée quand j’ai choisi la spécialisation en entrepreneuriat. C’est en discutant avec des associés sur la blockchain que j’ai décidé de me lancer.

Quelles sont les compétences humaines et techniques requises pour exercer votre métier ?

Il faut des compétences de management, savoir s’adapter aux profils qu’on encadre pour faire en sorte de maximiser à la fois le bonheur et la productivité de chacun. Il faut faire des concessions tout en sachant qu’il faut rester ferme, ce n’est pas évident, c’est un peu un métier d’équilibriste. Concernant les compétences techniques, pour ma part, je ne suis pas ingénieure, je ne vais pas coder ou développer quelque chose. Par contre, le fait d’être dans un secteur comme celui de la blockchain qui est assez technique nécessite une forme de curiosité qui est possible si on a un minimum de compétences, j’avais fait pas mal de maths avant et je m’intéressais à tous ces sujets-là. Il ne faut pas avoir peur de la technique et de la complexité. Le fait de proposer du conseil sur la blockchain signifie qu’on va aller voir des clients et qu’on va être plus expert qu’eux. Il faut constamment apprendre de nouvelles choses, et voir quelles sont les nouvelles évolutions.

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Pourquoi aimez-vous votre métier ?

Il y a une fierté personnelle d’avoir créé quelque chose, ma startup n’existait pas il y a 3 ans et j’ai envie de la développer, de la faire grossir chaque jour. Se dire que dans un an, on sera plus nombreux, qu’on aura fait plus de chiffre, est assez excitant ! Il y a aussi cet apprentissage qui me motive, j’ai l’impression d’être plus intelligente maintenant qu’il y a 3 ans, ce n’est pas le cas avec tous les métiers. L’équipe est motivante aussi car j’ai recruté des personnes avec lesquelles j’avais envie de travailler, c’est bien d’arriver le matin en sachant qu’on a envie de voir les gens avec qui on travaille.

Etes- vous amenée à vous déplacer en France et à l’étranger ?

Oui, je me déplace uniquement en France. J’ai quelques déplacements par mois, il n’y a pas très longtemps, j’étais en Bretagne, je suis déjà allée à Strasbourg, à Lyon, à Aix-en-Provence parce qu’on a des clients qui se trouvent dans ces villes-là. Je suis amenée à aller les voir pour faire des formations et proposer des prestations. Nous ne sommes pas encore très présents à l’étranger mais cela fait partie de nos objectifs, de développer notre entreprise d’ici 3 ou 4 ans dans d’autres pays européens.

Percevez-vous un salaire en tant qu’entrepreneure ?

Il faut savoir que quand on commence en tant qu’entrepreneur, on ne se verse pas de salaire au départ. Pour ma part, je ne me suis pas payée la première année, le temps de trouver des clients. On aurait pu se payer tout de suite en faisant une levée de fonds mais le problème aurait été le même, on aurait du travailler pendant 6 mois ou 1 an pour lever des fonds. Au début, il faut avoir soit des économies soit des parents qui vous aident financièrement. A la fin de nos études, nous étions encore chez nos parents et puis j’ai travaillé à mi-temps. Il y a eu bien sûr au départ un petit sacrifice personnel mais c’est plus simple que si on avait eu des enfants à charge par exemple. C’est aussi une question de priorité, mon objectif est de faire en sorte que l’entreprise grandisse et qu’on puisse la revendre un jour et rentabiliser tout ce qu’on a fait. Je me vers un salaire aujourd’hui qui est peut-être plus faible que ce que je pourrai gagner dans une grande entreprise. Je pourrai prétendre à presque deux fois plus mais je le fais parce que j’aime mon métier, c’est un choix personnel. Aujourd’hui, si je décide de me payer plus, c’est une personne en moins que je pourrais recruter, je préfère faire grandir l’entreprise et j’ai un niveau de vie qui me convient aujourd’hui, je ne suis pas frustrée.

Quelles opportunités la blockchain peut-elle offrir aux jeunes ?

Aujourd’hui, il y a énormément d’offres techniques, ce n’est pas spécifique à la blockchain, il y a des offres de développeurs, c’est une ressource qui est extrêmement recherchée. J’invite tous les jeunes qui ont une fibre informatique, technique à se diriger vers ces métiers-là qui sont vraiment des métiers d’avenir, il y a de l’emploi. On a besoin de développeurs blockchain donc on incite les écoles d’informatique à former les élèves sur ce domaine. Il y a aussi pleins d’autres métiers car finalement la blockchain, c’est une technologie qui fait appel à la gestion de projet, du marketing, des métiers autour du domaine juridique, pour savoir comment le droit va s’adapter à ces nouvelles technologies. puis des métiers liés à l’entrepreneuriat. Il y aura des créateurs d’entreprises mais aussi des personnes qui vont structurer ces dernières, d’autres qui vont gérer l’opérationnel.

Diriez-vous que les salaires dans la blockchain sont plus élevés que dans d’autres secteurs ?

En effet, sur certains postes notamment techniques de développeurs blockchain, c’est la loi de l’offre et de la demande. Il y a aujourd’hui peu de ressources sur ces postes-là. Les entreprises s’arrachent les développeurs blockchain qui sont bons et les salaires peuvent être élevés (jusqu’à 100 000 euros par an). A partir du moment où vous avez une expertise, vous allez avoir une rémunération très élevée.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes intéressés par la blockchain ? Et notamment aux filles pour leur donner envie d’y travailler ?

Quand j’étais plus jeune, j’avais l’image des experts qui savaient tout sur un sujet. Je me disais que je ne pourrai jamais être experte parce que j’aime bien toucher à tout. En fait, c’est faux, être expert ne veut pas dire forcément tout connaître sur un sujet mais connaître beaucoup plus que la moyenne des gens. Quand je me suis lancée dans la blockchain, je ne connaissais rien et au bout de 5 mois, je me suis rendue compte en parlant avec des personnes que j’en savais beaucoup plus qu’elles sur la blockchain grâce à ma curiosité.  Etre expert, c’est donc être capable de répondre aux questions des gens sur un sujet. Je pense que c’est important de casser ce mythe de l’expert qu’on divulgue aux jeunes notamment auprès des jeunes filles qui souvent vont chercher à être plus parfaites que les garçons qui ont appris très tôt à savoir prendre un risque et que si on ne remplit pas toutes les cases, ce n’est pas grave. J’ai envie de leur dire, n’ayez pas peur, ce n’est pas parce que vous ne savez pas tout que vous n’êtes pas douée, que vous n’êtes pas faite pour le job. Il ne faut pas avoir peur de dire que vous êtes experte sur certains sujets. Il y a aussi un enjeu plus large qui  dépasse celui de la blockchain, c’est celui des profils féminins dans les métiers de la technique. J’en fait un peu partie, j’aimais beaucoup les maths par exemple, mais j’avais l’impression que tout ce qui était lié à la physique-chimie, ce n’était pas trop pour moi parce que je ne me voyais pas dans ces métiers-là plus tard. J’étais un peu conditionnée pour privilégier des filières un peu plus « féminines ». Je trouve que c’est important aujourd’hui de dire aux filles qu’on a besoin d’elles dans ces filières techniques. Si on me l’avait dit à l’époque, j’aurai peut-être fait d’autres choix. Il faut qu’on arrive à créer un déclic chez elles pour qu’elles ne s’autocensurent pas.

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