Faut-il être 1er de la classe pour faire une prépa ?

Pour y voir plus clair, nous avons interviewé Catherine Fenet, économiste et enseignante en classes préparatoires depuis 25 ans :

« Il ne faut pas nécessairement être le premier de la classe pour intégrer une classe prépa. Si tu es un élève moyen mais fortement motivé sur les deux années, tu réussiras ta prépa et ton entrée en grande école. La motivation est un élément essentiel, les professeurs travaillent beaucoup sur cette motivation, dès l’entrée en prépa. La motivation n’est pas innée, elle s’entretient. »

Il faut très tôt se préparer psychologiquement et mentalement à la prépa, au moins dès la 1ère, à réfléchir à ce challenge et à ce qu’il implique… D’ailleurs le passage par Parcoursup t’invite à imaginer, penser et anticiper tes projets scolaires et professionnels.

La Réforme du BAC 2021 et Parcoursup poussent à se poser les bonnes questions : demande-toi si tu te vois dans un secteur d’activité en particulier ? Un métier précis ? Si tu as envie de travailler avec une équipe ou pas ? Sois curieux, renseigne-toi sur les métiers, les itinéraires de formations et apprends à te connaître.

Découvre nos conseils d’orientation pour apprendre à mieux te connaître

En prépa, plus on travaille, plus on met toutes les chances de son côté pour réussir. Ce n’est pas non plus inaccessible au niveau intellectuel. L’élève qui s’investit sur deux années comprend les enjeux de sa formation, et apprend à travailler plus et mieux.

« Parfois, j’ai des élèves en prépas qui ne sont pas bons en langues, ils ont eu par exemple 15 ou 16 au bac et se retrouvent avec 7 ou 8 de moyenne en prépa. »

Il faut se dire que tout est rattrapable ! Si un élève n’est pas bon en anglais en première année de prépa, on lui conseille de s’astreindre à apprendre du vocabulaire chaque soir, ne serait-ce que 20 min. Et au bout de quelques semaines, l’élève constate de lui-même qu’il a fait de gros progrès. Ce qui est demandé aux élèves c’est de persévérer et de travailler pour acquérir le niveau de connaissances attendu, et c’est à la portée de beaucoup d’élèves moyens, contrairement aux idées reçues ! 

Souligons que les élèves sont fortement encadrés, notamment grâce aux « Khôlles ». Celles-ci sont des interrogations orales portant sur des connaissances disciplinaires. Ce système instaure un dialogue régulier avec les professeurs, toutes les semaines. Ainsi, les professeurs connaissent bien leurs élèves, évaluent leurs difficultés et leur progression, et les encouragent à poursuivre leurs efforts.

« Nous donnons à nos élèves une véritable culture du travail, les encourageons à faire face à leurs difficultés et à s’accrocher quoiqu’il arrive… Cela peut rebuter certains élèves, mais cela vaut vraiment la peine d’essayer ! »

Les prépas ont beaucoup évolué depuis les années 60, aujourd’hui elles se sont adaptées aux profils plus diversifiés des élèves qu’elles reçoivent.

Déconstruis tes préjugés sur la prépa en parlant avec des étudiants

On distingue trois « familles » de prépas qui se sont adaptées tout en conservant le souci de l’excellence de leurs formations :

  • Les prépas dans les grands lycées parisiens, les plus exigeantes en termes de résultats scolaires, qui attirent les meilleurs bacheliers de France comme les établissements de la « montagne Sainte Geneviève » (Henri IV, Louis Le Grand…).
  • Les prépas des autres lycées parisiens (Chaptal, Carnot, Hoche…) et des grandes villes de région (Le Parc à Lyon, Montaigne à Bordeaux…), un peu moins exigeantes en termes de résultats, mais qui sont de bonnes prépas.
  • Les prépas dites de proximité dans des villes moyennes ou en banlieue parisienne offrent à des jeunes, aux profils plus moyens, une formation où l’ambiance est plus coopérative et familiale, avec un fort encadrement pédagogique. Elles leur permettent de ne pas vivre trop loin de chez eux, et de réduire ainsi les temps de transport. Ces prépas concourent à l’élargissement social des prépas qui intègrent des élèves qui n’auraient peut-être pas pensé à la prépa…

Alors pourquoi pas toi ? 

Pour entrer en prépa, il y a :

  • Une forte sélectivité à l’entrée – Une prise en compte des notes dès la 1ère – Et même des comportements en classe

Il faut donc se préparer dès le lycée :

  • En consolidant ses connaissances – En augmentant progressivement ses notes – Et en réfléchissant à son projet professionnel pour se projeter dans l’avenir 🙂

Commencer dès le lycée est un gage de réussite, osez la prépa !

Découvre l’interview de Catherine Fenet et la suite du dossier