La podologie, c’est le pied !

Benjamin, podologue à Paris nous parle de son métier.

podologue

Pouvez-vous expliquer aux jeunes en quoi consiste votre métier de podologue ?

Je travaille à Paris, dans un cabinet de podologie. Cela fait 5 ans que je suis diplômé et 4 ans que je travaille dans ce cabinet, où nous sommes deux. Le travail se sépare en 3 phases, une phase d’observation où l’on fait un examen clinique complet. Une deuxième phase où l’on détermine une structure anatomique pathologique, il faut manipuler pour voir comment l’organisme fonctionne. Puis la 3ème phase, la réflexion sur le traitement le plus adapté et complet pour calmer la douleur et soulager le patient afin de traiter les causes de ces douleurs.

Et concrètement, si vous deviez décrire une journée type ?

Je commence à 9h30, et je finis entre 18h30 et 20h30. Je fais des consultations d’environ 40 minutes et j’ai entre 10 et 15 patients par jour. Soit nous avons des examens cliniques et des bilans podologiques avec des semelles orthopédiques, soit nous faisons des soins. Dans mon cabinet c’est plutôt 70 à 80 % de bilan et semelles orthopédiques et entre 20 à 30% de soins. Nos patients sont de tous âges, mon collègue s’occupe principalement des patients sportifs et moi je m’occupe de tout type de patient, sportif ou pas. Globalement l’âge moyen des patients est entre 30 et 60 ans.

Quel a été votre parcours pour arriver à ce métier ?

Au lycée, j’ai fait un BAC Scientifique. À la base, comme 95% des podologues, je voulais être kinésithérapeute. J’ai donc fait une prépa kiné pour me préparer au concours d’entrée. Les concours d’entrée en kinésithérapie et podologie sont très similaires à deux matières près. Après un an de prépa, il faut tenter le maximum de concours d’entrée. Finalement je n’ai eu aucune école de kiné, mais j’ai eu toutes les écoles de podologue donc j’ai choisi la meilleure, l’école d’ASSAS à Paris 15ème et j’ai commencé 3 ans d’études. Après ses 3 ans, il y a un examen final pour décrocher le diplôme d’état. Une fois ce diplôme obtenu nous avons la possibilité d’exercer dans toute la France.

Nous avons une formation en continu à l’extérieur dans des hôpitaux, des dispensaires et des maisons de retraite, ces dernières ne m’ont pas spécialement passionné. On a donc une formation continue obligatoire avec un nombre d’heures minimum à effectuer pour être présentable au diplôme national. Ma 1ère année après le diplôme, j’ai fait du remplacement un peu partout en France, je voulais visiter et voir plusieurs cabinets différents, apprendre de nouvelles choses, car les gens et les mentalités changent selon les endroits, chacun travail différemment. Quand vous sortez de l’école, vous êtes novice, on doit rapidement faire face au contraste entre ce qu’on a fait à l’école et le monde réel.

Quelles qualités faut-il pour exercer le métier de podologue ?

Nous avons un métier pratique, manuel, donc nous devons nous exercer. Il faut aimer se servir de ses mains, avoir un minimum d’adresse et être assez précis. Nous devons être curieux, car il faut aller chercher des informations pour comprendre le pourquoi du comment de chaque cas. Être autonome, c’est un métier indépendant donc il faut savoir un peu tout faire et être réactif. Enfin et surtout, il faut être sociable nous avons à faire à de nombreux patients chaque jour, il faut être accueillant et savoir les mettre à l’aise.

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Qu’est-ce qui fait que vous aimez votre métier ?

J’ai toujours voulu faire un métier manuel, et être indépendant. Donner tout ce qu’on a dans le travail, mais savoir que c’est pour nous et pas pour un patron, faire ce que l’on veut, comme on le veut, ce sont quelques avantages, mais il y a aussi pas mal d’inconvénients à ça. Surtout il y a l’effet que procure le fait de voir un patient qui rentre dans la salle ressortir 40 minutes plus tard sans aucune douleur et ça, c’est gratifiant, on a la sensation d’avoir servi à quelque chose.

Si vous aviez une chose à changer, ce serait quoi ?

La chose qui me dérangerait ça serait le manque de considération au niveau de la sécurité sociale. Le remboursement qui est proportionnellement faible. Ça donne l’impression que les gens viennent pour le plaisir, que c’est un soin de complaisance alors qu’il y a des gens qui viennent tous les mois, tous les 2 mois de manière obligatoire à cause de grosses douleurs.

Une anecdote à nous raconter ?

Dernièrement une de mes patientes est venue me voir pour une douleur sous le pied assez classique sur un examen clinique assez simple. Un mois plus tard elle a repris un rendez-vous au cabinet, assez mécontente, car la douleur avait empiré. J’étais surpris, car c’était une pathologie très simple à soigner, mais bon, je sais bien que le 100% en santé n’existe pas. Finalement, en regardant dans les chaussures les semelles orthopédiques que je lui avais données, je me suis rendu compte qu’elle avait inversé le pied droit et le pied gauche donc je lui ai expliqué gentiment et le mois suivant elle a appelé pour s’excuser en disant qu’il n’y avait plus aucune douleur.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui veut faire votre métier ?

Il ne faut pas être timide, pendant les études c’est le moment, tant que vous êtes encadrés par les professeurs dans une structure sécurisée, de tester et de pratiquer des choses.

Une fois diplômé je conseillerai de, comme moi, faire des remplacements pour découvrir différentes structures et différents fonctionnements de cabinets et voir par exemple la différence entre le travail sur Paris et en province.

Dans notre métier il y a pas mal de formations après le diplôme d’état comme la podologie du sport ou la posturologie qui permettent de s’ouvrir un peu l’esprit et de se perfectionner dans une branche spécifique. Il peut donc être profitable de s’y intéresser.

Vous avez des questions sur le métier de podologue ? Posez-les dans le forum podologue sur JobIRL,  les pros inscrits vous répondront. Si vous souhaitez connaître d’autres métiers dans le secteur paramédical, cliquez sur le lien suivant : http://www.jobirl.com/metier/paramedical

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